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Alors que je vous parlais ces deux derniers jours des classiques américains que sont “Nas Is Like” et “All Eyez On Me”, il est temps de passer aux classiques de notre pays. Et pour se faire, je vous invite à vous pencher aujourd’hui sur “Pitbull” de Booba.

Qu’on l’apprécie ou non, il est impossible de s’intéresser au rap français sans en passer par le pilier actuel: Booba. Si certains lui reproche de s’être par trop éloigné de son ancien style pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, ici nous revenons sur un son marquant de sa carrière. Marquant sur plusieurs points.

Un Booba plus sensible qu’à l’accoutumée 

Tout d’abord, “Pitbull” est la neuvièmème track de “Ouest Side”, troisième album studio du rappeur et surtout, son tout premier disque de platine. Et sans conteste, ce son a grandement participé à la popularité de l’album.

Ensuite, le second point qui nous intéresse se situe sur le texte, et, plus globalement, ce que diffuse le morceau. Car il faut bien le dire, on n’a pas l’habitude d’entendre Booba dans ce registre ! Sans rentrer dans une veine sensible et délicate, c’est tout de même incontestablement le son dans lequel l’artiste se livre le plus (“Et j’ai toujours la larme à l’oeil, le coeur engourdi” ou “Quand se réveillent mes cicatrices, j’me sens si seul et si triste”), nous racontant ses espoirs (“La richesse est dans nos coeurs, mon cul ! Moi je veux d’l’oseille”) tout en relatant son enfance (“Enfant seul sans problème sauf à la maison” et son adolescence (“Mon premier spliff, ma première bouteille”). Une franche réussite, qui tranche avec l’aspect résolument thug que l’on pouvait connaître du personnage et qui lui apporte d’avantage de profondeur.

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Evidemment, le texte ne reste pas pour autant banalisé de sa violence coutumière et assumée (“J’ai pris la vie par derrière sans m’poser d’questions” ou la fameuse punchline du refrain “Comment ne pas être un pitbull quand la vie est une chienne”). Mais aussi des déclarations touchantes envers sa mère: “J’aime une femme, elle m’a donné le sein, m’a appris à me tenir à différencier l’Homme et le chien” ou encore “Peu importe si la daronne veut faire le tour du monde”.

Et bien sûr, on ne peut omettre de mentionner l’instru de la chanson, magnifique, basée sur un sample de Mistral Gagnant”, une boucle de piano parfaitement remixée par Animalsons qui présente B2o comme l’héritier du bagout de Mister Renard. Le tout mis en image pour un clip tourné en Russie, Booba ayant toujours tenu à faire le tour du monde pour offrir une palette d’images toujours plus riche.

Difficile de trouver un autre texte dans lequel le Duc de Boulogne se livre autant, avec sincérité et justesse. Mélange habile entre sentiments et thèmes plus couramment abordés: argent (“Pour en obtenir des fois c’est l’hécatombe”), pouvoir (“Sur le plus haut trône du monde on est jamais assis que sur son boule”), concurrence (“J’suis trop en avance pour leur demander l’heure”). Un classique, sans aucun doute possible. Un classique pour le rap français dans son ensemble mais aussi pour Booba lui-même, à une période ou sa carrière a prit son envol. La chienne a récompensé son petit.

image cover album ouest Side de Booba

Tracklist de l’album Ouest Side:

01. Mauvais Garçon

02. Garde La Pêche

03. Le Duc de Boulogne

04. Boîte Vocale

05. Boulbi

06. Ouest Side

07. 92 Izi (feat. Malekal Morte)

08. Ouais Ouais (feat. Mac Tyer)

09. Pitbull

10. Je Me Souviens (feat. Kennedy)

11. Le Météore

12. Au Bout des Rêves (feat. Trade Union)

13. Gun In Hand (feat. Akon)

14. Au Fond d’la Classe (feat. Intouchable)

15. Couleur Ebène

16. Outro

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