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Eminem : son portrait en 10 sons

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Cette semaine, c’est au tour d’Eminem de se faire tirer le portrait en musique par nos bons soins. Une mission difficile, tant le MC a incarné plusieurs personnages différents, mais c’est justement là où l’exercice devient intéressant. Surtout lorsqu’on regarde la discographie du White Boy, impressionnante à l’époque, avec plusieurs mixtapes et déjà 8 albums.

 »My Name Is », 1999

On est un peu obligé de commencer par là, puisque c’est la chanson dans laquelle Eminem se présente au public. Enfin, pas tout à fait lui: Slim Shady, son alter ego complètement branleur, qui se contente de prendre des drogues et de jeter un regard ultra narquois et agressif sur la société qui l’entoure. Il met notamment l’accent sur le fait que les gens attendent ça de lui, un gars fou et incontrôlable, ça les rassure plus que le Eminem lucide et en pleine dépression. Em’ leur donne donc ce qu’ils veulent, en n’oubliant pas de les prévenir: il est vraiment incontrôlable.

 »Just don’t give a fuck », 1997

Voici donc Slim Shady, irrévérencieux, n’en ayant rien à foutre du monde autour de lui (et le monde le lui rend bien), ne respectant aucuns codes sociaux, aucune convention. Complètement asocial, il en est très content, vu les abrutis qui l’entourent : des vieux aigris, des jeunes chiants et abrutis par la télé, des filles trop occupées à ressembler aux stars de la TV. Un rejet en bloc du mode de vie du redneck américain. Eminem ne fera jamais partie de votre monde, et il le crie haut et fort.

 »Stan », 2000

Cette fois, c’est au tour de Marshall Mathers de prendre le relais derrière le micro. Le Eminem beaucoup plus sensible, qui parle des questions qui le torturent, et donc beaucoup plus réfléchi. Avec une manière très originale: une lettre en rythme qu’un fan lui écrit, son plus grand fan, qui rêve d’être lui. Eminem se sert du morceau pour essayer de casser un peu l’image que le public s’est fait de lui, quelqu’un de violent, sans empathie, homophobe, misogyne. Avec ce titre, il va prendre tout le monde à revers.

 »Cleanin Out my closet », 2002

Toujours en mode Marshall Mathers, mais en beaucoup plus haineux et énervé cette fois, Eminem vide tout ce qu’il a sur le cœur dans ce titre. Avec, notamment, quelques missiles envoyés à sa mère ou à son père qu’il n’a jamais vu. Il nous dit exactement pourquoi il lui en veut, car comme il l’avait insultée dans le passé à cause de sa trop grande consommation de drogues et d’hommes, elle avait tenté de lui répondre pour s’expliquer. Eminem conclut en disant qu’ils ne se verront plus jamais. Cette colère envers sa mère est une des choses qui transparaît le plus dans sa musique, et il fallait donc qu’on en parle.

 »Bitch Please Part II », 2002

Eminem est également un formidable entertainer, il ne faut pas l’oublier. Capable de faire le clown, il peut tout autant nous sortir de gros bangers assez street, surtout lorsqu’il est accompagné de ses nouveaux potes du rap game, Dr.Dre, Snoop Dogg, ou encore Xzibit et Nate Dogg (RIP). Un bon egotrip en règle, dans lequel il montre qu’il imite très bien Snoop aussi. Avec ce petit chant qui fait si plaisir à la fin de son couplet. Car oui, Eminem est souvent un peu à cheval entre le rap et le chant.

 »The Real Slim Shady », 2002

C’est lui, le vrai Slim Shady. C’est important de le préciser, car avec son talent et son charisme, beaucoup ont voulu imiter le White Boy, et le fait qu’il ne prenne pas le rap au sérieux. Mais ce ne sont que des clones, dont la démarche est vaine: vous voulez bien trop l’imiter pour réussir, pour qu’on puisse croire que vous ne prenez pas ça au sérieux. Un Slim irrévérencieux comme jamais, toujours aussi à l’aise efficace dans le name-dropping comme s’il l’avait inventé (c’est peut-être le cas?). Avec toujours cette manière incroyable de tourner le star système en ridicule.

 »Froget about Dre », 1999

On avait presque oublier de présenter cette partie d la personnalité du rappeur. Mais vous vous en serez rendu compte par vous-mêmes: Eminem est un kickeur né avec un débit de parole incroyable, qui aura d’ailleurs concentré une bonne partie des hommages qu’il a reçu depuis. Et si on vante autant son flow, c’est en grande partie grâce à ce morceau, un de ses premiers à avoir un si grand succès.

 »My Band », 2004

On ne pouvait évidemment pas parler d’Eminem sans parler de sa famille de Detroit, le D 12. Un groupe fondé avec le regretté Proof et les autres au début des années 90, bien avant le succès international. Ses vrais potes, ceux du tout début, et d’ailleurs ça se voit: ils sont tous aussi fous que lui, comme en témoigne le clip de cette chanson. Et c’est d’ailleurs assez fou à l’époque: peu de rappeurs auraient pu avoir autant de second degré et de recul sur eux-mêmes, les rappeurs préférant jouer les gangsters sérieux. Ce recul, il est caractéristique de toute la scène de Detroit à l’époque, et c’est encore plus vrai pour Eminem.

 »Purple Pills », 2001

Un aspect (malheureusement) hyper important de la vie de Slim Shady, c’est la drogue. Enfin, les drogues, et pas seulement les douces. Et en 2001 parler d’acides, de champignons, de cocaïne, dans un son de rap, c’était assez mal vu. Sauf que la scène de Detroit est composée de rappeurs complètement fous, qui consomment tous genres de substances, et forcément, ça s’invite dans leurs chansons. Et dans la vie d’Eminem, jsuqu’à lui causer de graves problèmes de santé (dû aussi à sa dépression depuis la mort de Proof).

 »The Way I Am », 2000

Un de ses sons introspectifs les plus justes. Sur cette petite boucle de piano faite par Dr.Dre, Eminem met en garde quiconque voudrait l’approcher. Il démonte le star système le rejetant en bloc, trouvant honteux que les gens puissent venir le déranger pendant qu’il mange avec sa fille ou qu’il fait ses courses. Ce n’est pas parce que vous le voyez dans des clips que ça en ait votre ami. Plus que le message, ce texte met en lumière la manière dont Eminem est constamment en colère, jamais satisfait ou apaisé, et c’est avec toutes ces frustrations qu’il emmagasine qu’il nous sortait du si bon rap.

Aujourd’hui, on a un peu peur que comme il a l’air d’aller beaucoup mieux dans sa tête, ses albums soient du coup beaucoup moins bons… Rendez-vous dans quelques jours pour son retour dans les bacs!

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