La West Coast en action sur ”Cali Iz Active”

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On s’est récemment beaucoup penché sur la côte Est des USA dans notre rubrique classique. Il faut dire qu’il y a de quoi faire à l’Est, avec une scène très prolifique, très nombreuse. Mais à l’Ouest, il se passait aussi des choses incroyables autour de Los Angeles, on va donc ré-équilibrer un peu la balance avec cet article sur un des morceaux emblématiques de ce côté-ci des USA. On a déjà parlé de la G-Funk, le courant qui a longtemps été majoritaire dans ce qui se faisait à LA, avec des samples de funk couplés à de bonnes basses, mais avec des textes très crus. En mélange de tout ça donnant un rap très ensoleillé, beaucoup plus ”cool” en apparence que le rap new-yorkais, aux sonorités beaucoup plus mélancoliques ou brutales.

La G-Funk a régné en maître presque 20 ans à l’Ouest, popularisée par NWA et Dr.Dre, et maintenue à flots par Snoop et les autres successeurs (BG Knockout, Kurupt, et bien d’autres). Aujourd’hui, on va justement s’intéresser à un morceau qui arrive un peu sur le tard, en 2006. A l’interprétation, on retrouve trois têts très connues : le remuant Daz Dillinger, Kurupt et sa force tranquille, et le grand Snoop Dogg, la vraie figure emblématique de la West Coast.

Le titre s’appelle ”Cali Iz Active’‘, et il est extrait de l’album du Dogg Pound qui porte le même nom.C’en est même la piste numéro , la première chanson que les fans ont entendu en appuyant sur play, preuve de l’extrême importance de ce morceau pour les MCs. C’est avec ce titre qu’ils entendaient immerger l’auditeur dans leur univers, et on peut dire que c’est plutôt bien réussi, car tous les ingrédients d’un bon tube West Coast son réunis sur le morceau.

Le name-dropping pour décrire

Le morceau a des airs de célébration du mode de vie West Coast, et les rapeurs vont précisément s’atteler à démontrer qu’ils ont le meilleur cadre, le meilleur lifestyle, de tout le rap game (du monde entier peut-être même). Et c’est Kurupt qui va s’y lancer en premier : ”We got heaters, smoke, dranl, bitches, Fo’s, deuces, trayz, switches”. En faisant ainsi référence à tous les éléments qui composent ses journées (flingues, alcool, fumette, femmes, et grosses voitures Chevrolet Impala de 62, 63 et 64), Kurupt vient de nous décrire son environnent en seulement deux lignes, le tout dans une décontraction assez folle.

Daz Dillinger va d’ailleurs continuer ce name-dropping (balancer des noms de choses, de personnes, des marques, des lieux, des albums, etc…) en intégrant le plus possible d’éléments caractéristiques de la West Coast, comme la casquette des Dogers, l’équipe de base-ball du coin. Il montre ainsi la fierté qu’il ressent de venir de cette ville, d’avoir grandi dans cette culture, le tout en ne ”rappant” quasiment pas dans le sens où il fait très peu de phrases dans ses couplets. Une manière innovante de représenter pour sa ville.

Snoop n’est pas en reste. D’ailleurs, il va nous lâcher un excellent couplet, qu’il va presque murmurer, pour augmenter l’impression de nonchalance. Jamais un mot lus haut que l’autre, qu’il soit en train de nous parler de filles, de dogue ou de voitures. Avec ce côté gangsta toujours présent chez Snoop, peut-être plus que chez ses deux potes : ”Just another day in my neighborhood, i bang the hood, i cocaine slang in the hood”. Le rappeur se pavane tous les jours au quartier, en parlant des affaires de gangster, des trafics, en utilisant les mots d’argot des dealers. Snoop est un vrai, et il sait comment le montrer, ça se voit partout où il est, et c’est la même chose pour ses collègues du Dogg Pound.

Crips jusque dans les clips

Là où le clip est classique, c’est dans sa manière de revendiquer leur appartenance à un des pires gangs, le tout dans une ambiance très joyeuse voire même carrément dansante, et ça passe comme une lettre à la poste. Car oui, il est important de savoir, pour comprendre ce classique, que Kurupt, Daz Dillinger, et Snoop Dogg, font tous les trois partie de diverses branches locales des Crips, un gang très influent dans tous les USA.

On comprend mieux, du coup, les nombreuses références au mode de vie gangster qui sont présentes partout dans la chanson: “I get out and I Crip Walk on the block, with my left hand on my Glock, 20 Crip and it doesn’t stop”, rappe Snoop Dogg dans son couplet. Il mentionne ainsi la fameuse danse du C-Walk, que les MCs maîtrisent tous à leur manière dans la vidéo.

Cette ambiance barbecue, gros lowriders, suspensions hydroliques, grosses fesses, le tout saupoudré d’un peu d’alcool et de weed, c’est vraiment l’image que les rappeurs de LA veulent nous vendre depuis les débuts de la G-Funk. Un pur bijou made in West Coast, à une époque où le rap de l’ouest commence justement à perdre de la vitesse vis à vis du rap sudiste. Ce morceau est une des dernières grosses connexions de G-Funk, et ça en fait un classique qu’on aime écouter avec une pointe de nostalgie.

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