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Il était un clash : la légendaire rivalité entre Jay-Z & Nas

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A l’occasion de la nouvelle collaboration historique entre Jay-Z et Nas, revenons sur les grandes étapes de leur clash. Un beef qui restera éternellement comme l’un des plus marquants de l’Histoire du hip-hop.

On s’en souviendra de ce 30 avril 2021, le jour où Jay-Z et Nas ont de nouveau partagé le micro huit ans après leur dernière collaboration sur l’album Magna Carta… Holy Grail. Le morceau de leur réunification s’intitule donc « Sorry not Sorry » et est extrait du nouvel album de DJ Khaled. Plus qu’une collaboration, c’est un véritable événement pour tout fan de hip-hop qui se respecte, et surtout une parfaite occasion de revenir en détails sur le clash légendaire qui a opposé les deux rappeurs.  Sorry, not sorry » but this is history.

La genèse du conflit

Les clashs font partie intégrante de la culture rap et hip-hop. Outre l’opposition légendaire entre East Coast et West Coast, aucun n’a autant marqué l’Histoire que le mythique beef ayant opposé Jay-Z et Nas à l’aube des années 2000. Mais contrairement à aujourd’hui où les attaques entre artistes ennemis se font majoritairement par écrans interposés via les réseaux sociaux, la confrontation entre les deux rois du rap new-yorkais s’est déroulée dans la plus pure tradition hip-hop, autrement dit sur le terrain musical.

Bien que le conflit ait explosé en 2001, il faut remonter bien des années plus tôt pour découvrir ce qui a allumé la mèche. Flashback. Tout commence réellement en 1992, alors que Nas et Large Professor se disputent avec Jay-Z et Jaz-O. Conséquence de cela, Nasir Jones refuse de figurer sur l’album Reasonable Doubt de Shawn Carter en 1996. Malgré tout, ce dernier décide de sampler quelques lignes de « The World is Yours » pour son titre « Dead President II ». Le poète de Queensbridge, qui n’apprécie pas Jay-Z, voit alors d’un mauvais œil d’être rattaché à lui et ne manquera pas de le tacler dans son immortel classique « The Message » sorti la même année.

Si jusqu’alors, cette pique et les quelques autres qui suivirent restaient « de bonne guerre », les choses vont prendre un tournant plus enflammé peu après la mort de Biggie. Big Poppa n’étant plus, la place sur le trône du rap New-Yorkais est désormais vacante et un nouveau roi doit être désigné. Le premier à lancer les hostilités sera Jay-Z. Sur son morceau « Where I’m From » dévoilé en novembre 97, il ouvre le débat sur qui serait le fameux « King of New-York », tout en revendiquant explicitement le trône dans sa chanson « The City is Mine ».

Le clash prendra progressivement une dimension plus large en impliquant de plus en plus les artistes de Roc-A-Fella, notamment Memphis Bleek. Mais le gros de la confrontation n’était pas encore joué et le meilleur restait encore à venir.

« The Takeover» Vs. « Ether »

Le point culminant du beef Jay-Z Vs. Nas a eu lieu en 2001, lors du Summerjam de la radio new-yorkaise Hot 97. C’est sur la scène de cet événement live que le rappeur de Brooklyn a lâché pour la première fois la bombe « The Takeover », son diss track légendaire dirigé à l’encontre de son homologue de Queensbridge. Avec cette frappe, Jay-Z a franchi une limite. Si jusqu’alors leur conflit était resté pacifique, il admet pour la première fois qu’il n’aime pas Nas et avoue que le respect qu’il éprouvait à son égard n’était qu’une façade.

Évidemment, Nasir n’allait pas se laisser intimider et trois semaines plus tard, il sortira un freestyle d’anthologie, le fameux « Stillmatic », pour promouvoir son album du même nom. Simple et efficace, ce morceau était court, mais allait droit au but en visant là où ça fait mal.

Loin d’avoir dit son dernier mot, Jay-Z publia une nouvelle version de « The Takeover » sur son album The Blueprint. Au morceau initial, il ajouta un couplet inédit répondant directement au freestyle de Nas. Rabaissement de sa carrière, insultes, attaques personnelles… Celui qui allait devenir le mari de Beyoncé n’a rien laissé au hasard et n’a laissé aucune chance à son adversaire. Sans pitié, il est même allé jusqu’à affirmer avoir eu une liaison avec Carmen Bryan, l’ex petite amie de Nas et mère de sa fille. Le ton est donné, Jay-Z est là pour prendre le trône du rap new-yorkais, un point c’est tout. Après avoir entendu « The Takeover », certains médias et influenceurs du hip-hop de l’époque comme Funkmaster Flex affirmaient carrément que la carrière de Nas est terminée. Que nenni…

Hova avait beau avoir placé la barre très haut, peu importe. A son tour, Nasty Nas allait répliquer et allait défendre son honneur. Conscient d’avoir été décrédibilisé il savait néanmoins que le public attendait de savoir ce qu’il allait répondre. C’est ainsi que le 3 décembre 2001, les balles fusent et un « Fuck Jay-Z » résonne à la radio.

Ce sont les premiers mots de sa diss track « Ether ». Cette fois encore, la violence verbale est de mise, même encore plus forte que sur « Takeover ». Le public n’en revenait pas. Beaucoup d’entre eux ne s’attendaient pas à ce que Nas revienne aussi fort et attaque aussi frontalement son rival. L’écrasement était tel qu’aux US, « to ether » est carrément devenu un verbe courant pour désigner un rappeur qui affirme sa domination sur un autre.

Au travers de multiples sondages organisés à la radio et dans les différents médias de l’époque, la communauté hip-hop avait tranché : Nas avait gagné ce battle. La bataille peut-être, mais pas la guerre.

Jay-Z Vs Nas : Round 2

Quelques jours plus tard, le 11 décembre, Jay-Z réplique une nouvelle fois avec «Supa Ugly». Sur une instrumentale samplant les titres «Got Ur Self A…» de son ennemi et «Bad Intentions» de Dr Dre, le rappeur de Brooklyn n’y va pas de main morte et en rajoute une couche sur sa prétendue relation de trois ans avec l’ex de Nas.

Après ce titre, nombreux sont ceux qui pensaient que Jay-Z était allé trop loin. L’Histoire se souviendra d’ailleurs que sa propre mère Gloria Carter avait appelé la radio Hot 97 pour demander à son fils de s’excuser auprès de Nas et Carmen. Ce qu’il fera peu de temps après, car même quand on s’appelle Jay-Z, l’avis d’une mère est plus important que tout le reste.

Après cette altercation au-delà des limites tolérées, les tensions sont progressivement retombées, même si quelques étincelles ont par moments ravivé la flamme du clash. On pense notamment au morceau « Last Real N **** Alive » de Nas qui répondait au titre « Blueprint 2 » de Jay-Z. Ceci dit, rien d’aussi mémorable que le duel « Takeover » / « Ether ». Excepté quelques piques lancées par-ci par-là, Jay-& Nas avaient visiblement opté pour une sorte de « cessez-le-feu ».

La réconciliation

Après avoir autant passionné la planète hip-hop, un clash aussi légendaire que celui-ci ne pouvait pas se terminer sans un final dantesque. Pour enterrer la hache de guerre en bonne et due forme, Jay-Z et Nas ont décidé de faire les choses en grand, lors de la tournée « I Declare War » de Jay-Z en 2005. Avec un nom pareil, le public s’attendait à ce qu’Hova attaque et enterre une bonne fois pour toutes ses ennemis, mais au lieu de cela, il a décidé de se réconcilier avec Nas.

Quatre ans après «Ether», en octobre 2005, les deux MC new-yorkais ont donc signé le traité de paix à la Continental Airlines Arena d’East Ruthorford, dans le New Jersey devant une foule à guichets fermés. Ensemble, ils ont interprété « Dead Presidents » et « The World is Yours », avant de proclamer : « Le clash est terminé, on s’est bien amusés, maintenant prenons cet argent ». Un véritable dénouement à l’américaine.


Histoire de graver cette paix encore un peu plus dans le marbre, un an plus tard, Nas mit fin à son contrat avec Columbia Records pour signer chez Def Jam, label dirigé par Jay-Z. Passés de frères ennemis à collaborateurs, ils ont pour la première fois officiellement partagé le micro en 2006 sur « Black Republican » issu de l’album Hip-Hop is Dead de Nas. Jay-Z lui renverra l’ascenseur l’année suivante, en l’invitant sur « Success », titre extrait de son album American Gangster. Par la suite, ils remettront le couvert ensemble sur le titre « I Do It For Hip-Hop » de Ludacris en 2008, et pour une dernière fois en 2013, sur le son « BBC » de Shawn Carter.

Même si certains pensent encore que Nas a tenté de relancer le clash, notamment en sortant ses projets quasiment au même moment que ceux de Jay-Z, il s’en est toujours défendu en plaidant la coïncidence et « l’alignement du cosmos ». Une coïncidence un peu grosse étant donné que le phénomène s’est tout de même reproduit six fois dans leurs carrières. Comme quoi, bien que le beef soit officiellement terminé depuis plus de quinze ans, la compétition, à la fois ouverte et secrète, entre Nas et Jay-Z ne s’est jamais vraiment calmée.

Aujourd’hui quoi qu’il en soit, les deux anciens ennemis ne ratent pas une occasion d’exprimer l’un envers l’autre un respect mutuel. En janvier dernier par exemple, Nas, dans un podcast avec Rick Rubin déclarait : « J’ai été honoré de faire partie de ce clash, parce que c’est comme ça que j’ai vu les grands faire. C’est un clash motivé par l’art du MCing et par la volonté de donner le meilleur de soi-même en allant de confronter à un autre MC. Peu importe si ça a donné une guerre, c’était ça l’art du hip-hop à ses débuts. De son côté, Jay-Z vient de dévoiler une playlist exclusive sur TIDAL en hommage à la discographie de son ennemi d’hier.

Ces louanges étaient un signe puisque ce vendredi 30 avril, Jay-Z et Nas ont encore une fois croisé leurs sorties. Mais cette fois, ce n’est pas une coïncidence puisqu’ils partagent le micro sur le morceau « Sorry Not Sorry » de DJ Khaled. A noter que celui-ci sample le titre « Sounds Like a Love Song » de Bobby Glenn. Un sample déjà utilisé par Jay-Z pour le classique «Song Cry».


Mais ne vous y trompez pas, l’esprit de compétition entre les deux est toujours présent puisqu’à tour de rôle, ils embrassent leur statut de légendes du hip-hop et exaltent leurs réussites respectives en élevant leur niveau de rap au sommet. Un succès magistralement illustré dans le clip éponyme, dans lequel on voit Jay-Z et Nas profiter du fruit de leur gloire dans un casino. Comme quoi, tout est bien qui finit bien. On aurait tous voulu que l’histoire commune de Tupac et Biggie se termine comme ça.

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