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10 sons rap pour découvrir Jul

image 10 sons pour connaître Jul
Jul n'est pas celui que vous croyez.

Ouais, on sait, on prend un gros risque. On entend d’ici les puristes nous dire que  »vous êtes un site qui défend la culture hip hop, mais vous descendez Kendrick et vous aimez Jul ». Alors, déjà d’une, le monde n’est pas aussi simple, et pour Kendrick, on a juste dit qu’on en attendait mieux de la part de l’autoproclamé successeur de Tupac. Jul, lui n’a jamais eu l’insolence d’essayer de se faire passer pour le successeur d’on ne sait quelle légende. Dans ses sons, il n’y a que lui.

Et c’est d’ailleurs en grande partie pour ça qu’on a voulu s’y intéresser. Ca, et parce qu’en à peine trois ans dans le rap jeu, Jul est devenu un phénomène incontournable. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il est inévitable, et a influencé une bonne partie de la production musicale actuelle (Naps, Djadja et Dinaz, entre autres). Il est devenu la cible principale des rageux du net, qui adorent se faire passer pour des puristes en critiquant son usage de l’autotune, alors qu’eux-mêmes ne connaissent rein au hip hop ou à KRS-One (au hasard).

Jul est devenu le symbole de ce  »rap qui part en couilles », en perte d’identité et de valeur, utilisant l’autotune à mauvais escient, avec des textes jugés  »bêtes », bref, si on regarde les commentaires sur internet, on a du mal à comprendre pourquoi il dépasse les 100 millions de vues sur certains sons. C’est oublier que, d’une part, il a sorti environ 1000 sons en trois ans, et que dans le lot, vous en trouverez forcément que vous préférez à d’autres. Tout n’est donc pas de la merde.

Le fait qu’un MC ait autant de succès tout en restant aussi clivant, ne peut pas être dû qu’au hasard, ou au streaming dont les chiffres sont peu sûrs. Jul a quelque chose que peu d’autres ont : l’authenticité, la sincérité, à une heure où les MCs se vendent en nous racontant des histoires qu’ils n’ont pas vécues. Il fait tout, tout seul, des instrus jusqu’aux concerts, et parvient à nous sortir trois à quatre projets par an, avec la même recette qu’il maîtrise plutôt bien : des prods avec des rythmiques simples, des paroles simples, et beaucoup d’humour. Forcément, ça fait mouche, car Jul parle avec des mots de vocabulaire directement issus de la rue, et raconte des histoires de la rue.

La simplicité, dans le rap parfois plus qu’ailleurs, est gage de qualité. Kool Shen le disait en son temps,  »trop sophistiquer, c’est pécher », et on ne peut qu’être d’accord avec lui : pourquoi toujours chercher les figures de style, les plus compliquées, les sonorités les plus complexes, le vocabulaire le plus soutenu, alors qu’on s’adresse en priorité aux quartiers, à ceux que le système (et notamment l’éducation) a laissé de côté. Jul, qui a beaucoup progressé dans son rap depuis ses débuts, a fait de son art une sorte de freestyle constant, où il nous balance tout ce qu’il pense, sans filtres. Et si vous écoutez tout ce qu’on vous met là-dessous, ça changera probablement la perception que vous avez de lui. Et on a essayé de vous enlever un maximum d’autotune.

 »Du Nord au Sud » avec Lacrim (2014)

Alors oui, y a un peu d’autotune dans le refrain. Mais honnêtement, vous préférez ça ou des chanteuses de RnB ? Ce titre avec Lacrim est sans prétentions,d ‘ailleurs il a presque disparu de la toile à la suite des soucis entre Jul et son ancien label Liga One. Une belle complémentarité qu’on aurait pourtant pas cru possible entre deux MCs assez différent, l’un toujours dans l’ostentatoire, dans la violence, dans l’exagération, tandis que Jul est beaucoup plus humble et beaucoup plus mélancolique. Et puis, on a surtout choisi ce morceau pour la punchline  »Chez moi ça vend des kinders de toutes les formes », preuve que Jul a aussi le sens de la métaphore. Mais ça n’est pas son meilleur titre.

 »Comme à l’époque » (2017)

Un petit son où Jul rappe comme à l’époque, une époque où personne ne le connaisait encore, où il ambiançait seulement ses collègues du quartier. Et d’ailleurs, il le scande dans ce son :  »Mo flow, mes textes, ma force, c’est le quartier ». Un titre très mélancolique, qui montre que le rap et la pensée de Jul sont bien plus intéressants que ce que pourraient en penser les haters ne connaissant que  »Tchikita ». Jul représente pour sa zone, pour les siens, pour ses amis en prison, avec un regard assez lucide. Aucun doute, c’est bien du rap.

 »Le 46 de Rossi » (2017)

Un petit morceau en l’honneur de Valentino Rossi, le numéro 46 qui a régné sur le championnat de Moto GP. Un morceau assez sombre, assez triste, trèèès loin de l’image de gogole ensoleillé que se sont mis certains dans la tête. Avec toujours cette manière de représenter pour le ssiens, en toute simplicité, en lutte contre les artifices :  »Maintenant tu peux plus parler normal avec les gens, ils font tous les grossistes », vous savez de quoi il veut parler si vous discutez avec des jeunes aujourd’hui…

 »Full Option » avec LeRat Luciano (2017)

Eh oui,un son entre Jul et le Rat Luciano. Parce que Jul c’est Marseille jusqu’au bout des claquettes, et que Le Rat, c’est le taulier de la ville depuis la grande Fonky Family. Jul a même réussi à faire un peu pousser la chansonnette au Rat sous autotune, une belle performance. Un excellent morceau, sorte de passage de témoin entre l’ancienne et la nouvelle génération marseillaise.

 »Cassage de nuques pt.2 » (2017)

On arrive dans un exercice que Jul maîtrise de mieux en mieux depuis le début de sa carrière : les freestyles. Celui-c a été dévoilé pour teaser l’arrivée de son album  »Je ne me vois pas briller ». On le voit déambuler dans Marseille, dans une vidéo la plus simple possible, et c’estça qu’on aime chez lui.

 »Freestyle Part. 10 » (2017)

Un des sons les plus touchants du marseillais. Peut-être à cause de l’instru, peut-être à cause de tous ses potes qui le soutiennent, peut-être à cause de Kalash Criminel qui ne se réveille que quand Jul parle de prison. Ou tout simplement à cause des mots sincères de Jul, qui arrive en huit minutes à nous parler de tous les sujets qui lui importent : sa mère, la pauvreté, les flics, le trafic, les potes, la trahison. Et ça fait mouche.

 »Freestyle « L’ovni » [Part 5] » (2017)

Et encore un freestyle, celui-ci dans une autre humeur, un peu plus positive. Un freestyle de petit con, qui nous donne le sourire. Ça chante, ça rappe, ça s’agite, et on retrouve presque l’ambiance du quartier dans la cabine de Skyrock. Un très bon moment.

 »Dans l’appart » (2015)

Pour le son, et pour le clip. Parce que ça montre que Jul connaît ses classique,s parce que ç lemontre sous un jour énervé qu’il un peu abandonné depuis, et pus parce que ça fait toujours plaisir de caillasser un maire et des journalistes.

 »Lacrizeotiek » (2017)

Sur une instru bien sombre et rythmée qui aurait presque pu convenir pour Rohff par exemple, et dans un de ses très nombreux albums gratuits, Jul se livre sans filtre, encore énervé, en nous parlant du décalage entre sa vie d’aujourd’hui et ce qu’il continue à observer dans so quartier tous les jours, puisqu’il y est encore souvent.

 »Dans le 13 » (2017)

Un bon petit egotrip pour représenter Marseille, et affirmer qu’il faudra désormais compter sur lui dans le paysage du rap. Parce que Jul, c’est Marseille. Parce que ses textes sont un peu plus profonds que ce que vous pourriez le penser au premier abord, si vous écoutez attentivement. Les mots sont simples, et le message d’humilité véhiculé dans toute la musique de Jul est véritablement salutaire, pour ce rap qui se prend tellement au sérieux.

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