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Retour vers le classique: « Nirvana » de Doc Gynéco

image Doc Gynéco Retour vers le classique Nirvana

CLASSIQUE RAP FRANCAIS

Profitez de votre week-end en suivant le Retour vers le classique qui ne s’arrête jamais pour parfaire votre culture musicale ! Des classiques, il y en a à revendre et nous sommes loin d’en avoir fait le tour, rassurez-vous. Surtout en se plongeant dans les différentes écoles du rap et sa pluralité d’artistes, américains comme français. C’est notamment vers ses derniers que nous allons nous tourner aujourd’hui, ou plutôt vers un précisément, que nous n’avons pas encore abordé au cours de nos précédents articles. Quittez la salle d’attente, préparez-vous pour la première consultation c’est l’heure de « Nirvana » de Doc Gynéco !

Vous avez certainement connu les débuts de la carrière du Doc de par sa participation au sein du Ministère A.M.E.R dès 1994, alors qu’il s’était lié d’amitié avec Stomy Bugsy et Passi. Mais s’il y a bien une date à retenir dans sa carrière, c’est 1996, marqué par la sortie de son tout premier album solo: « Première Consultation ». Un album qui se démarque notamment de par ses sonorités, l’artiste refusant les habituelles boîtes à rythme du rap pour se tourner vers une production faite de vrais instruments. L’enregistrement de l’album dans un studio à Los Angeles permet au rappeur de laisser libre cours à ses influences g-funk, alors popularisée par Dr. Dre. Et si l’album est encore aujourd’hui considéré comme un classique, c’est assurément par sa tracklist aux morceaux qui ont su marqué les esprits, tel que le classique d’aujourd’hui: « Nirvana ».

Un morceau sombre, puisque Doc Gynéco y aborde le thème du suicide, expliquant qu’il se retrouve comme blasé de sa célébrité, et dans l’ensemble de tout ce qu’il voit (« Plus rien ne m’étonne, plus rien ne me fait bander »). Loin d’en retirer une quelconque fierté, son nouveau statut de star semble bien au contraire lui être difficile à porter (« Depuis que j’ai la tête collée sur une pochette »). Une réaction et un état d’esprit qui ne lui sont pas propre, il faut bien le reconnaitre. Plus d’un artiste, dans le rap ou ailleurs, ont déjà connu cette difficulté face à un succès trop brutal (ou peut penser à Eminem dans les années 2000 ou bien encore plus récemment à Stromae pour un exemple plus proche). Le Doc fait d’ailleurs référence à Marilyn (« Me droguer aux aspirines, façon Marilyn ») s’étant suicidée par une surconsommation de médicaments. L’idée qui commence à se développer prend tout son aspect malaisant au refrain, Doc Gyneco ne dissimulant pas son envie d’en finir et le réclamant même « Je veux atteindre le nirvana ») employant pour se faire un name dropping concordant avec le suicide (« Comme Beregovoy, aussi vite que Senna »). Beregov s’étant également suicidé, Senna étant décédé également dans un accident. De plus, la mention de « nirvana », outre le paradis du bouddhisme, évoque également le chanteur Kurt Cobain du groupe éponyme, qui a également mis fin à ses jours. Le deuxième couplet élargit la vision du MC qui ne se centre plus sur lui-même mais porte un regard alentour (« C’est donc ça la vie… »), prenant d’autres exemples (« Voir son gosse trainer dans le quartier ») symbolisant une certaine futilité de l’existence. Il se remémore également quelques souvenirs du passé et quelques relations, toujours négatives (« J’ai connu les bandes, les gangs/Les meufs de gang bang, et les gros bang ») pour enfin poursuivre l’idée de son suicide en faisant référence au célèbre clown Zavatta s’étant lui aussi suicidé (« Car je suis triste comme le clown Zavatta »). Enfin, cette dépression s’accentue dans le troisième couplet, le Doc sous-entendant qu’il ne sait plus s’il pourrait se contrôler dans une situation banale (« J’achète des tickets par simple peur/D’avoir à buter un contrôleur ») et il semble ne plus avoir d’attaches (« Je ne crois plus en Dieu et deviens nerveux »). Comme pour parfaire la boucle, on retrouve cet aspect blasé de la vie qu’on évoquait au premier couplet (« Plus rien ne me fait kiffer/Plus rien ne me fait marrer »). D’ailleurs, pour clôturer son texte, Doc Gynéco assène cette éternelle rengaine (« C’est toujours la même mouille/Toujours les mêmes fouilles »).

Au final, Doc Gynéco nous livre là un de ses morceaux les plus emblématiques de sa carrière et paradoxalement, l’un des plus sombres. Le clip fut d’ailleurs même refusé par certaines chaînes pour la diffusion, le thème du suicide étant par trop frontalement abordé. Reste toutefois le témoignage d’un artiste qui, au lieu de se vautrer dans une vie dite de rêve dû à la célébrité, à au contraire bien du mal à composer avec son nouveau statut. A défaut d’atteindre le Nirvana, le rappeur a assurément atteint le classique.

 

image cover album Première Consultation de Doc Gynéco

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