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Les Princes de la Ville du 113 fête ses 20 ans

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Les Princes de la Ville, le classique intemporel du 113, fête aujourd’hui ses 20 ans.

Il y a 20 ans jour sortait Les Princes de la Ville, premier album du groupe 113. Composé de Rim’K, Mokobé et AP, il s’agit d’un des groupes forts du collectif Mafia K’1 Fry, aux côtés d’Ideal J et Intouchable.

Sorti en 1999, l’album est incontestablement au côtés de Le Combat Continue (sorti l’année précédente) le chef d’œuvre de la discographie de la Mafia K’1 Fry, et un des albums de rap français les plus cultes des années 90. Si l’album d’Ideal J représentait la face la plus engagée et contestataire du collectif, Les Princes de la Ville en représente la face plus festive et funky.

DJ Mehdi au sommet de son art

Comme Le Combat Continue (qui fêtait lui ses 21 ans hier), l’album est quasiment intégralement produit par Mehdi Faveris-Essadi, alias DJ Mehdi. Producteur emblématique du collectif du 94, il est à la baguette d’un deuxième chef d’œuvre consécutif en deux ans. Après les instrumentations mélancoliques et cinématographiques de l’album d’Ideal J, il ramène sur l’album du 113 des sonorités électroniques alors inédites en France. Les breakbeats sont remplacés par des drums tirés de boîtes à rythme, auxquels Mehdi donne un groove extrêmement reconnaissable. On y retrouve sa maîtrise du digging et du découpage de sample: on reconnaîtra le sample de « Wu-Tang Clan Ain’t Nuthing Ta F’ Wit » sur « 1001 nuits », ainsi que « Make me believe in you » de la légende Curtis Mayfield sur le morceau éponyme de l’album, véritable hymne à la réussite et à l’ascension sociale.

Néanmoins la prod la plus marquante et emblématique de l’album reste évidemment celle de « Tonton du Bled ». Basé sur un sample de musique algérienne des années 60, l’instru est une des plus reconnaissables de l’histoire du rap français, et le morceau un des plus joués en club, encore jusqu’à aujourd’hui, avec son refrain connu de tous. L’album contient également deux prods des talentueux Pone de la Fonky Family (et qui publiait récemment le premier album de l’histoire composé avec les yeux), ainsi que Delta et Regis d’Expression Direkt (qui avaient déjà composé le fameux « Hardcore »).

Paix à l’âme de DJ Mehdi, qui décédera tragiquement des suites d’une lourde chute en 2011, et qui restera à jamais un des meilleurs à l’avoir jamais fait.

Les princes de la ville un succès colossal

Rim’K, AP et Mokobé sont à l’époque loin d’être les plus brillants lyricistes et techniciens du rap en France. Sur Les Princes de la Ville, les flows n’ont pas l’aisance de ceux de Dany Dan, les rimes n’ont pas la finesse de celles d’Ill, les images frappent moins fort que celles de Booba ou d’Oxmo. Néanmoins, l’authenticité, l’attitude, la sincérité, le charisme et l’humour des 3 MCs frappent tout de suite l’auditeur et rendent le disque très attachant. Encore aujourd’hui peu de rappeurs peuvent prétendre avoir représenter Vitry comme eux. D’autant plus que le trio reçoit le soutient de ses collègues de la Mafia K’1 Fry sur plusieurs morceaux, notamment Intouchable sur « Hold Up », Kery James, OGB, Manu Key et Rohff sur « Main dans la main », ainsi que l’excellent Karlito sur « L’âge du meurtre ». Karlito publiera d’ailleurs en 2001 l’album Contenu sous pression, lui aussi intégralement produit par DJ Mehdi, et qui reste un des meilleurs albums labelisés Mafia K’1 Fry.

La fraîcheur et l’authenticité du groupe, couplés aux prods visionnaires et groovy de Mehdi, permettent à Les Princes de la Ville de connaître un succès commercial et critique massif. Il se vendra à plus de 350 000 exemplaires, restant encore aujourd’hui un des CD les plus vendus de l’histoire du rap français. L’album remportera en 2000 deux Victoires de la Musique, triomphant dans les catégories Groupe révélation et Album rap/reggae ou groove (un nom de catégorie approximatif de fou). On se rappelle d’ailleurs de leur performance incroyable lors de la cérémonie, où le groupe débarquent en 504 break sur la scène du Zénith de Paris.

Les Princes de la Ville fête donc aujourd’hui ses 20 ans. Si certaines sonorités des instrus ont par endroit moyennement bien vieilli, et si la technique au micro des 3 compères n’est pas toujours irréprochable, l’album reste un incontournable, un marqueur de son époque, et l’œuvre ayant permis à la Mafia K’1 Fry d’accéder à la reconnaissance nationale.

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