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Smoke DZA, Harlem et la Kush

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A chaque fin de ses lignes, une forte inspiration se fait entendre, pour remplir ses poumons d’une fumée verte épaisse, comme si l’homme inhalait une taffe dès qu’un mot sortait de sa bouche. Toujours recouvert d’une couche de vestes colorées et d’un bonnet orné sur son crâne, Smoke DZA déambule dans Harlem en saluant tous les homies posés sur le rebord des marches pavillonnaires. Car s’il n’a jamais rencontré un succès commercial probant, il se dresse comme une figure locale majeure. De plus, on le retrouve sur des projets de rappeurs logés aux 4 coins du pays, que ce soit avec le sudiste Big KRIT ou le Californien Jay Worthy. Le développement d’un tel entourage peut-être dû à la création de The Smokers Club en 2010, une marque initialement prévu pour mettre en place des concerts réunissant un paquet d’artistes ayant pour point commun l’adoration de l’herbe graisseuse et un amour inconditionnel pour le Hip Hop.

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Actif depuis 2008, il serait trop facile de le réduire à au simple Kused God, car son activité de rappeur lui prend la plus grande partie de son temps. Avec 6 albums à son actif et une platée de mixtapes et d’EPs, autant dire que DZA n’aura pas chômé. Mais d’ailleurs, qui est-il vraiment ? Peu connu dans nos contrées, je me dois de vous faire un descriptif de la carrière du bonhomme, car il est parfois difficile d’y faire le tri dans sa discographie et de comprendre pleinement le personnage en vu du peu d’information disponible à son sujet.

Les premières pierres 

Lorsque son père lui faisait écouter les vinyles tout droits sortis du shop au bout de la rue, les grandes stars qui posaient leur flow dessus n’avaient, à cette époque, qu’à peine compris qu’ils allaient créer un genre musical à part entière. Sean grandira entouré des disques de Jay-Z ou Biggie et commencera à se rendre à des battles pour prouver son habilité au mic. Smoke en référence à Smokey, antagoniste du film Friday et l’acronyme DZA pour Dream Zone Achieve, nous faisant comprendre ses exigences. Un pseudonyme est le voilà paré à fournir un épais catalogue d’album. Mais avant cela, il ferra un passage au sein du groupe Smoke and Numbers, dont il est difficile de récupérer des pistes hormis la vidéo pixélisé de New Negro. Très vite, il va ghostwritter quelques artistes comme Hit-Tek. Bien sûr, l’envie d’avoir une carrière en solo lui titillait le nez, transparaitre dans un mode de vie similaire à celui de Curren$y, c’est-à-dire de la Lifestyle Music, contant la vie à Harlem en épousant une routine lancinante remplit de Kush. Un flow espacé et grave à la fois, une poignée de « Riiiiiiiiight » dispersé par-ci par-là en guise de signature et le personnage de Smoke se dessine devant vos yeux.

Mais rien ne serait pareil sans l’accompagnement de productions aériennes, parfois composées de voix légères de chanteuses Soul ou de doux claviers qui se trainent pour laisser les paroles prendre de l’ampleur. Son attachement à sa ville le pousse à garder des batteries sèches, tapant au bon moment pour instaurer un rythme de 90 BPM. Il faut dire que DZA a très bien choisi les producteurs qui apparaitront au cours de sa carrière. En effet, lorsque son premier projet remarquable, George Kush Da Buttom, sort en 2010, Ski Beatz est au mannette sur les ¾ des titres, l’homme qui a composé de nombreux morceaux pour Jay-Z dont notamment le fameux Dead President.

Une année passe et l’album Rolling Stoned sort. Il y fait venir tout le gratin, Kendrick Lamar, Bun B, Asap Rocky, Dom Kennedy… D’Harlem à Compton en passant par Port Arthur, la localisation se veut espacée. Un joint qui pendouille à son bec, des yeux vitreux, les intentions sont claires. Il développe son style en s’aventurant dans le Cloud rap ou la G-Funk. La ligne directrice reste cependant la même, se relaxer et inhaler. C’est aussi à ce moment qu’intervient 183rd, qui deviendra l’un de ses meilleurs compères et le guidera sur ses prochaines sorties, allant jusqu’à se réunir pour un EP commun, Uptown. Rolling Stoned, lui, ne recevra qu’un accueil mitigé, et le rappeur, qui dit pourtant avoir tout craché dedans, se verra navré. C’est peut-être ce qu’il le poussera, sur son album suivant, à ne travailler qu’avec un seul producteur, et pas n’importe lequel : Harry Fraud.

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Rugby Thompson, surnom qu’il aborde le temps de 12 pistes et qui résulte au mélange de 4 personnages de la série Boardwalk Empire. Le personnage lui servira d’étendard pour exposer les événements familiers dans la New Jack City. Plus classieux, ne serait-ce par sa pochette composée d’une banderole ornée par une couronnes de joyaux, puis par sa passion pour la marque Ralph Loren qui prendra une place importante par le biais de nombreuses références. S’éloignant de la fumette, DZA se renouvèle de par les sujets traités et les productions. Fraud amène des rythmes étonnants, des batteries venus se placer là où l’on ne les attend pas. Par-dessus, des samples vocaux diggés dans l’arrière boutique de son disquaire favori, donnant une atmosphère humide, mélancolique pour retranscrire la dure réalité du quartier.

La résurrection

Alors que la plateforme Datpiff, distributeur officiel de mixtape, est à son apogée. Smoke en profitera pour nous mettre à disposition une tripotée de projet gratuit et notamment K.O.N.Y. Car dans tout ce qu’il a pu balancer, il est de loin le plus abouti. Plus d’Harry Fraud sur chaque piste, mais une direction artistique similaire, à la différence que le soleil a disparu et qu’il est l’heure pour les crapules de sortir de chez eux lorsque tout le monde se réchauffe au creux de ses draps. Les sirènes de polices qui s’allument, les coups de feu qui résonnent, les appels virulents pour avoir le premier le taxi, les disputes face à la devanture d’une épicerie, tout ce brouhaha vient interagir pour former la bande originale de K.O.N.Y. Par-dessus, Smoke y raconte se qu’il voit, ce dont a quoi il est confronté chaque nuit. Il n’a plus le temps de se relaxer avec un blunt, pas à une heure si tardive. Comme lui, nous nous sentons oppressés entre les tours au goût fade.

Après cette traversée maussade, il se dirigera vers l’une de ses passions favorites : le catch. En effet, il proposera une série d’EP répondant au nom de Ringside qu’il déclinera en 7 volumes. La spécificité résidera dans le sampling d’extrait de catcheur boosté à la testostérone. Détenant des figurines en plastique d’icône de la WWE des années 90, marier ses deux hobbys lui semblait comme une évidence. Toujours produit par son compère 183rd, il y balance un maximum de référence. Visant une niche, on découvre tout de même un personnage aux multiples facettes.

La prospération

En 2014, son troisième album, Dream Zone Achieve, sort. Il découpe le long projet en 3 parties. Chacune résonne avec les mots de l’intitulé. Une ligne directrice que le rappeur a toujours souhaité garder pour définir son mode de vie. Le rêve, ce qu’il aspire à devenir, formant des pensé idylliques, dessinant des plans biens précis pour atteindre ses objectifs. La zone, elle, est le processus mis en place, où tout devient concret, c’est à ce moment là qu’il se doit se serrer sa ceinture, travailler sans relâche, être un Hustle. Et finalement, l’achèvement, le profit de son dur labeur, le plaisir extrême se manifestant par des biens monétaires et une satisfaction pour son égo. Il n’est alors pas étonnant de retrouver Pete Rock sur la dernière piste, Achieve, pour montrer que même le plus grand des OG le valide en offrant son savoir-faire. Une collaboration qui découlera sur un album. Représentant le graal, la fin du chemin boueux, la marche vers l’escalier doré, recouvert d’un tapis à la couleur sanglante, allégorie de chaque goûte laissait tomber sur la route de la gloire. La pochette montre les deux artistes vêtus d’un Black Suit, un chapeau de mafieux dressé sur leur tête, un regard froid et serein tel des pimp grandiloquent, planant sur la ville, respectés de tous.

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Le rappeur veut arpenter un chemin lisse, sans cailloux ni collines, juste vivre de sa passion. S’en traduit par son dernier album « not for sale », respectable, appuyé par de belles collaborations, à la fois actuel tout en étant attaché à des racines très New-Yorkaise. A  ce jour, Smoke reste toujours aussi dynamique avec la sortie récente d’un EP pour célébrer le 20/04. Indépendant comme jamais, il prouve qu’avec une bonne conduite, les grosses firmes n’auront pas raison de lui. Muni d’une fanbase solide, il serait regrettable, de votre part, de ne pas jeter un coup d’oreille aux travaux mixés avec propreté et qui pourrait vous distraire durant de longues heures.

L’histoire de The Smokers Club

Si DZA semble avoir atteint son but musicalement parlant, il reste un artiste local qui, pour faire son beurre, se doit d’être actif sur plusieurs plans en termes de business. En effet, c’est aussi grâce à son club qu’il arrive à joindre les deux bouts. Car, pour beaucoup, le rappeur est reconnue comme le fondateur d‘une idéologie commune basée sur la plante miraculeuse.

Pourtant, tout partait d’une idée banale entre homies. Lorsqu’ils avaient prévus de faire l’un des premiers concerts Hip Hop à South By SouthWest en 2010 sous la bannière maintenant bien connu de The Smokers Club. Notre rappeur décidera de réunir les artistes les plus enfumés qu’il connaissait. Curren$y sera le premier choix, s’en suivra Wiz Khalifa ou encore Schoolboy Q. mais rien de concret. Juste un événement parmi tant d’autres.

En tant que fan de WWE, Smoke aspire à devenir un businessman aussi compétant que Vince McHahon, directeur général de la firme. En 3 ans, le Smokers Club Tour sera pleinement installé. Cependant l’esprit familial prendra une place bien trop importante durant les 4 premières années, freinant la rentabilité de la structure. Finalement, les tournées deviendront très coté et nombreuse de ses fréquentations ne cesseront de lui demander de renouveler la prestation. A l’aide du réalisateur Jonny Shipes, ils mettront à exécution leur ligne de vêtement, permettant aux plus grands fans d’ériger leur amour pour le club. Chaque année, la popularité du projet devenait plus grosse, chaque tête d’affiche se voulait plus légendaire, comme Cam’ron en 2015. Plus qu’une tournée, un vrai festival se dessine, ne dépendant plus d’un organisme, pour bénéficier d’une indépendance totale. Avec la promotion des concerts par le biais de médias comme CinematicTV ou la mise en ligne de compilation de morceau interprété par une ribambelle de rappeurs désireux de communiquer les bienfaits de la plante verte, DZA ne s’inquiète pas pour l’avenir de son entreprise, toujours relayé par les rookies férus de weed voulant perpétuer la tradition.

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