Retour vers le classique: “Soul On Ice” de Ras Kass

CLASSIQUE RAP US

Le week-end démarre et avec lui, le Retour vers le classique qui continue ! Un son et un album, c’est ainsi que sera marqué ces deux jours de repos. Un bien joli programme n’est-ce pas ? Loin des sorties actuelles, françaises ou US, nous revenons plusieurs années en arrière sur celles qui ont été fortement marquante pour l’époque, si bien que l’on en parle encore aujourd’hui sous l’appellation “classique”. La place dans notre rubrique est donc parfaitement adaptée, vous en conviendrez. Après avoir effectué hier une rétrospective sur le travail et l’influence de Public Enemy et le titre “Fight The Power”, c’est au tour d’un nouveau titre de passer à la dissection aujourd’hui. Nouveau titre pour nouvel artiste d’ailleurs, avec ce Retour vers le classique 100% nouveauté !

Sans plus attendre levons le voile d’obscurité sur l’identité du rappeur d’aujourd’hui. Nous avons ainsi affaire à Ras Kass, membre éminent du rap de la West Coast. Membre du groupe The HRSMN (The Four Horsemen) en compagnie de Canibus, Killah Priest et Kurupt, si l’on peut le retenir dans l’histoire du hip-hop c’est très certainement avec son premier album solo “Soul On Ice” (1996), très controversé. Un projet qui lui aura tout de même permis de s’illustre fortement dans le milieu underground, et qui lui offre également une place de choix dans le Retour vers le classique. Très attaché au combat pour défendre la condition de la communauté afro-américaine, Ras Kass est de ceux qui n’hésitent pas à dénoncer dans sa musique, avec des titres parfois très radicaux ! Cela donne ainsi un rap forcément franc et sans demi mesure. Ainsi que peut nous le montrer “Soul On Ice”, chanson de l’album éponyme.

Un son à travers lequel l’artiste n’hésite pas à mettre en avant sa position dans le milieu de l’underground, loin de ceux qui ont d’avantage percé et donc, bénéficie d’une image auprès du public bien plus importante (“Beyond B.E.T. and MTV exists me”). A contrario, Ras Kass préfère revendiquer son authenticité et sa légitimité dans le game (“Origin cause God created man and man created hip hop/I declined to participate until I was orientated”). Fidèle à lui-même, le rappeur pousse toujours le message politique, le faisant d’avantage résonner qu’il le place en toute fin de couplet pour terminer sur cette note importante (“And I don’t give a fuck about nonviolent resistance/Civil rights will not suffice”). Une façon d’insister sur le fait que les inégalités sont toujours bien présentes et qu’il faudrait agir en force afin de faire changer les choses. Fort de son idée d’authenticité, il en profite également pour faire référence aux grands noms du rap de l’époque, mentionnant O’Shea Jackson (“Now I’m Cubed like O’Shea Jackson be”) qui n’est autre que la véritable identité de Ice Cube. D’ailleurs à ce titre, on peut remarquer que Ras maîtrise le name dropping, enchaînant références politiques (“Smoke like a chimney, drink like a Kennedy”) et aux jeux vidéo (“Subzero catching fatalities to my spirituality”). Le second couplet nous permet également de mettre le doigt sur la polémique de certains textes, avec des rimes qui seraient de mauvais goûts pour certaines oreilles: “Fuck shooting a fair one/Cause open cuts from fuckin’ some nigga up/Can lead to contracting HIV positivity/You never know who got traits of femininity”. Poursuivant sur cette optique arrogante, Ras Kass termine le son sur quelques rimes d’egotrip (“And most MCs ain’t prepared/So what I say goes over your head like pubic hair”). Concluant sur une note plus légère, le MC use d’un jeu de mot entre le titre “Soul On Ice” et le son “Ice Ice Baby” de Vanilla Ice (“My soul’s on ice, baby”).

Un court titre au final, qui pourtant se permet de toucher à tout en l’espace de seulement deux couplets. Il n’en fallait pas plus à Ras Kass pour démontrer son talent et sortir le point d’orgue d’un album qui mine de rien, permet de le consacrer comme un artiste de valeur capable de faire parler de lui bien des années plus tard. Non “Soul On Ice” n’est pas le morceau de rap le plus long et fortement engagé qui soit, et pourtant il se crée la portée suffisante pour résonner 20 ans après. Soul On Classic…

 

image cover album Soul On Ice de Ras Kass

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