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[Chronique] Hooss vous invite dans son “Woodstock” !

Il y a deux ans, un nouveau vent en provenance du Sud de la France s’est abattu sur tout le pays, amenant sur le devant de la scène Jul, SCH, et également Hooss. Ce dernier s’était fait remarqué avec une mixtape sur laquelle figurait l’excellent titre ”Aniki mon frère” avec SCH, et qu était produite en partie par Katrina Squad, l’équipe qui accompagne également SCH. Une scène du Sud très dynamique donc, parmi laquelle Hooss détonnait par son côté jeune et insolent, portant presque toujours ses lunettes de soleil (la Côte d’Azur, normal), un peu dans la veine d’un Hayce Lemsi (pour la jeunesse et l’insolence), le côté kickeur en moins et la maîtrise de l’autotune en plus.

Hooss était destiné à éclater, et on peut le dire : il a déjà bien percé. Ses clips franchissent tous la barre du million de vues, mais il n’a pas franchi les palliers à la même vitesse que ses deux collègues, et reste derrière en termes de notoriété et d’impact. A vrai dire, on ne saurait pas dire si Hooss est vraiment plus fort qu’à ses débuts, s’il a progressé. ”Woodstock” est son sixième projet en deux ans, mais cette productivité ne l’aide visiblement pas à élargir sa fanbase. Manque de lumière de la part des médias ? Manque de talent ? Manque d’originalité ? On va essayer de répondre à ces questions avec la chronique l’album.

Hooss dilue trop son talent…

Visiblement, Hooss est toujours accompagné de Katrina Squad, et la qualité des prods est donc évidemment au rendez-vous. Notamment celle de ”Barrio”, mais également beaucoup d’autres, du très bon taff. Le jeune MC est donc bien accompagné, et ça tombe bien, car il a du talent, comme il peut le montrer pour exemple sur ”Larry Hoover” avec Hornet La Frappe, un des trois invités de l’album (avec Laïoung et Adrian Bujupi). Si l’intro n’est pas incroyable (le flow est vraiment très spécial), le morceau ”Woodstock” nous prépare à de bonnes choses, on se dit qu’on va avoir droit à une ambiance plutôt fumeuse, où il parle de son quotidien entouré par les trafics de drogue, avec une belle métaphore où le nouveau ”Woodstock” est la zone dans laquelle opère le Fréjusien.

Mais ça se gâte un peu par la suite. La première partie du projet est, à part les deux titres qu’on a déjà cités, assez insipide, avec pas mal de titres très dansants mais pas très originaux. Les singles de l’album, il en faut… Mais le reste n’est pas hyper convaincant, et c’est dommage, surtout quand Hooss a des bijoux d’instru entre les mains et qu’il manque quelque chose de sa part pour en faire un vrai banger, comme sur ”Barrio”. On se remet à y croire avec le morceau ”Viens toucher”, avec le rappeur italien Laïoung, un morceau vraiment très original. Pour le coup, le thème comme le refrain, c’est vraiment dans l’idée ”Woodstock”.

Mais ça recommence à tomber dans la facilité avec ”Dans le noir”, encore une chanson d’amour où Hooss raconte, grosso modo, qu’il est trop bourré / occupé pour pouvoir avoir de vraies histoires d’amour. Un thème pas forcément original, pas assez de talent pour qu’on se dise que c’est réussi. ”Le Go”, par contre, est plutôt efficace, et là encore, bien dans le thème. On a aussi le petit OVNI du projet, le morceau ”La Lettre” qui est écrite pour la mère du rappeur malheureusement disparue., le tout sur une instru très joyeuse. Si c’est ce morceau qui est choisi comme single du projet, on pourra dire que c’est osé d’avoir tenté ça, et on valide l’effort.

On n’est pas fan de ”Money”, on trouve que Hooss aurait pu y mettre plus de voix, plus de cris, plus de rage et d’agressivité, bref, ça nous est passé à côté. La fin de l’album est très dansante, on sent là aussi beaucoup de single potentiels, avec des influences afrotrap (entre autres). Et pour qu’on valide ce genre de délires, il faut une originalité, un petit truc supplémentaire, qui manquent là encore, malheureusement…. Il se rattrape sur le morceau un peu plus introspectif, ”All In”, dernier titre de l’album. Globalement, ça risque de bien marcher pour lui, on ne se fait pas de soucis. Mais figurera-t-il parmi les meilleurs grâce à ce projet ? Lu fera-t-il franchir un pallier ? On n’en est vraiment pas sûrs, ça manque un peu d’homogénéité, tant au niveau de la recherche dans l’écriture que dans les ambiances. Le MC a toujours eu la plume un peu facile, mais c’est parfois un peu trop aujourd’hui. L’album contient de belles tentatives, dont certaines très réussies, et d’autres morceaux où on tombe dans le très attendu, où il fait un peu comme tout le monde. Dommage ! Bonne chance à lui pour la suite !

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