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[Flashback] Quand Abd Al Malik nous dépeignait “Le Marseillais”

Le rap hexagonal ne se limite pas au bassin parisien et à la cité phocéenne. De nombreuses plumes en-bétonnés ont su, au fil du temps, émerger de la France entière pour s’exprimer sur ce qui leur tenait à coeur. Pour le grand Est il y a eu Soul Choc et son précurseur le Prince d’Arabee et puis, plus particulièrement dans la cité du Neuhof à Strasbourg, il y a eu le N.A.P.

New African Poets

Dès 1988 le groupe fait ses armes sur les planches locales, acquérant une petite renommée au niveau de leur région puis finissant par collaborer avec de nombreuses figures déjà reconnus du rap français.

Quand le groupe se sépara, l’un d’entre eux s’était déjà démarqué par des textes particulièrement bien tournés et une sagesse évidente, son nom ? Abd Al Malik.

Si le slameur a commencé sur des rythmes très hip-hop, il a su faire évoluer son art en faveur de ses textes formidablement bien écrits. Le titre que nous vous présentons aujourd’hui est l’un des exemples les plus criants de son talent à dépeindre des ambiances et des personnages qui vous sont peut être familiers.

“Dans la cité on finit toujours par ostraciser celui qui fait de l’ombre”

La magie de ce morceau réside aussi dans sa chronologie, au début du morceau l’homme arrive de sa Provence natale encore plein d’amour et de grandeur dans ses actions, puis l’artiste nous montre son évolution en lien avec l’emprise du bitume. Le morceau est brillamment mélancolique sans en être déprimant pour autant, c’est là toute sa subtilité et c’est là tout le talent d’Abd Al Malik.

“Quand le soleil hissait son drapeau, il nous contait les calanques de Sormiou, comme une contrée magique et dans la cité on disait qu’il était fou”

Cette phrase montre toute l’incohérence des rapports sociaux d’en bas, là où “nos valeurs commençaient à se perdre” tandis que lui, pourtant traité comme fou, restait néanmoins dans sa vertu “aussi traditionnel qu’une bouillabaisse“.

“Lui, il nous aimait vraiment quand nous, on le trouvait juste marrant
En vrai, c’est à cause de nous, à cause de la cité qu’il a plus été clean”

Une belle prise de recul sur nos responsabilités cachées en tant que groupe face à l’individu c’est ce que nous offrait le poète au travers de ce morceau qui s’inscrit dans la lignée des plus grands du genre … Respect Monsieur.

PS : Nous nous retrouvons fin Août pour de nouveaux articles, bonnes vacances !

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