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Lil’ Kim: le visage féminin du hip-hop

image Lil Kim article chronique carrière
La rappeuse Lil' Kim

De par ses nombreux protagonistes de tout lieux et de toues époques, le rap n’a eu de cesse de se renouveler, se modifier. Sous l’influence de personnalités ou de courants divers et variés, il a pu se modifier et mettre en avant certains pans et aspects au court de son histoire. C’est aussi de cette façon qu’on en retient certains, au-delà de leurs sons. Afin de changer par rapport à ce que l’on aborde d’habitude, c’est justement vers une toute nouvelle artiste que notre regard se porte. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à Lil’ Kim et son personnage bien particulier qui a tout de même largement marqué le rap game.

Une femelle parmi les loups

Une fois n’est pas coutume dans ces lignes, c’est à Brooklyn, New-York, que l’on se retrouve pour découvrir le talent du jour. Kimberly Jones a tout du passé difficile d’un artiste de hip-hop. Après le divorce de ses parents alors qu’elle est encore très jeune, elle entretient de difficiles relations avec son père. Tant et si bien qu’il finira par la chasser du logis familial alors qu’elle n’est qu’une adolescente. Livrée à elle-même, la jeune fille vit dans la rue en effectuant quelques transactions pour des dealers afin de gagner un peu d’argent. Ce sera sa rencontre avec un pilier du rap US, The Notorious B.I.G, que son destin changera complètement. Il faut dire qu’à cette période, Biggie commence à avoir le bras long, notamment de par ses relations avec le label Bad Boy Records. En 1993, il décide d’ailleurs de lancer le groupe Junior M.A.F.I.A, y invitant Jones. C’est donc avec l’album « Conspiracy » et le succès (certifié disque d’or) obtenu que la jeune artiste commence à connaître le succès.

image cover album Conspiracy de Junior M.A.F.I.A
pochette de l’album Conspiracy de Junior M.A.F.I.A

Parallèlement, Lil’Kim et B.I.G, c’est une grande histoire d’amour. Houleuse, fusionnelle, difficile, elle sera toutefois marquante pour les deux artistes. En 1996, alors qu’elle s’apprête à sortir son premier album solo (« Hard Core »), la rappeuse se voit même contrainte de subir un avortement. Ce sera avec ce projet qu’elle révolutionne littéralement le rap. Se plaçant en tête des charts, elle se révèle au public en mettant un bon coup de pied dans les préjugés et règles imposées dans le game. Une femme ne peut être féminine, ce n’est surtout pas à voir dans le hip-hop… Qu’à cela ne tienne, Lil’ Kim compte bien mettre un terme à tout ceci en s’imposant comme elle le souhaite. Grace à son style, elle fait une place majeure à la femme féminine dans le hip-hop. Sa notoriété ainsi mise en place, elle peut se permettre d’enchaîner en 2000 avec un second album solo: « The Notorious K.I.M ». Le succès est toujours au rendez-vous, l’artiste rendant hommage à Biggie de par le titre évidemment mais également dans le morceau « Hold On ».

Sa popularité lui permet de sortir du sentier du rap et de se faire entendre un peu de partout: sur la bande son du film Moulin Rouge avec le titre « Lady Marmalade » en feat avec Christina Aguilera, P!nk et Mya; « In The Air Tonite » pour une reprise de Phil Collins; ou encore « Time to Rock’n Roll » pour la catcheuse de la WWE Trish Stratus. Forte de ce rôle iconique, elle poursuit sa carrière et livre en 2003 son troisième opus: « La Bella Mafia ». Le succès est toujours présent, et Lil’ Kim continue de multiplier ses apparitions sur des projets divers et variés, ou en collaborant avec d’autres artistes (sur scène avec Nas, sur un remix de Beyonce…). Toutefois, 2005 sera une année de difficultés pour l’artiste.

Le hip-hop au féminin

En 2001, alors qu’elle était témoin d’une fusillade, elle avait niée la présence des deux tireurs afin de les couvrir. Néanmoins présente sur les enregistrements des caméras de vidéo surveillance, elle est econnue coupable de complot et de parjure pour avoir menti face à un grand jury fédéral. Elle reconnait alors les faits et plaide coupable. La sentence sera de 1 an de prison ferme et 3 ans de probation. Cette période d’incarcération ne l’empêche pas toutefois de publier son quatrième opus « The Naked Truth ». AU vu de la nouvelle situation de Kim, les ventes sont énormes, et les critiques particulièrement élogieuses. Sa popularité est telle que BET diffuse Lil’ Kim: Countdown to Lockdown une émission de télé réalité suivant la rappeuse avant son emprisonnement. Ce sera finalement le 31 août 2006 qu’elle fera sa première apparition TV depuis sa sortie de prison lors des MTV Video Music Awards.

2 ans plus tard, en 2008, elle décide de quitter le label Atlantic Records pour être en indépendant. Cela lui permet ainsi de livrer plusieurs mixtapes, et le public voit dans ce geste une sorte de retour aux sources pour Lil’ Kim. Elle enchaine avec une grande tournée, et entame un sérieux beef avec Nicki Minaj, avec le traditionnel échanges d’insultes par morceaux. En parallèle, Lil’ Kim travaille sur son cinquième album.  Toutefois, le projet disparaît peu à peu, la rappeuse enchaînant avec l’annonce d’une mixtape qui se voit elle aussi sans cesse repousser. De plus, l’artiste Samantha Ravndahl poursuit en justice notre MC en l’accusant de lui avoir volé une image pour la cover de son titre « Dead Gal Walking ».

Elle réclame 150 000 dollars de dommages et intérêts, plus les frais d’avocats. De son côté, Kim se passe de commentaires et ne dit rien de l’affaire. Elle poursuit sa carrière en diffusant de nouveaux sons et en 2014, elle annonce la naissance d’une petite fille: Royal Reign. Si elle ne divulgue pas l’identité du père, c’est le rappeur Mr. Papers qui reconnait la paternité. Depuis, Lil’ Kim s’est quelque peu retiré de la musique, bien que sa dernière mixtape remonte à 2016 seulement.

Au final, on retiendra principalement l’explosion de Lil’ Kim au début des années 2000. Plusqu’un simple règne sur les charts et une réelle popularité, on retient surtout l’image d’une femme dans un monde totalement masculin. Et pourtant, cela ne la jamais empêché de s’assumer et de s’affirmer, se réclamant toujours de sa féminité. Ce n’est pas Lil’ Kim qui s’adapte au rap et au hip-hop, mais bien l’inverse. Auteur d’un sans faute sur ses productions d’albums, forte d’une véritable identité et crédibilité au sein du game, Lil’ Kim n’est pas de ces bimbos pensant faire la différence dans le business. Travail et talent sont les moteurs de tels résultats et on ne peut que reconnaître la qualité de l’artiste. Un visage à ne pas oublier dans le rap et une question à se poser: actuellement, quelle femme dans le game peut se permettre de lui disputer la place… ?

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