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Face à un monde en perdition, Pumpkin passe en mode « Méchante Petite Femme » [Clip]

Pumpkin Vin's Da Cuero Méchante Petite Femme

Toujours accompagnée de son partenaire le beatmaker Vin’s Da Cuero, la rappeuse Pumpkin se lâche et règle ses comptes avec le monde façon « Méchante Petite Femme ».

Voilà presque dix ans que ce duo underground nantais vogue la force tranquille sur le rap français. Au gré des vents et au fil des projets, ils ont su façonner et sublimer une formule musicale aussi puissante que chiadée. D’un côté, Pumpkin rappe la plume dans une main et le micro dans l’autre, et de l’autre Vin’s Da Cuero, cultive et modernise la magie du boom bap des années 90 aux machines.

Ensemble quasiment depuis leurs débuts respectifs et en totale indépendance via leur structure Mentalow Music, Pumpkin & Vin’s Da Cuero viennent de sortir leur nouveau projet, Abysses Repetita, un troisième album en cinq ans, sans compter la flopée d’EP dévoilée entre temps. De cet opus marqué par le mystère des profondeurs, ils viennent de livrer un nouveau clip, celui de « Méchante Petite Femme ».

Pétage de plomb verbal

Pumpkin et Vin’s le savent, la vie d’artistes underground n’est pas un long fleuve tranquille. Malheureusement, encore moins quand on est une femme. C’est ainsi qu’à force de voir les portes se fermer devant elle, et plus largement d’observer les mauvais comportements des gens, la rappeuse a décidé de passer à l’offensive.

Elle explique :« Plus tu avances dans l’âge, plus les expériences s’accumulent et plus les impacts négatifs laissent des traces. Avant quand j’avais affaire à des personnes toxiques ou néfastes, j’avais du mal à le gérer émotionnellement, maintenant, je ne me prends plus la tête. J’ai la chance, en tant qu’artiste, d’avoir la musique pour me permettre d’extérioriser mes pensées. Ce morceau, c’est pour toutes les fois où je n’ai pas su envoyer chier les gens qui se sont lâchés sur moi ».

Et puisque en effet, les mots et les images sont les plus puissantes des armes, Pumpkin s’offre une introspection meurtrière. Sur une production moderne entre boom bap et trap de Vin’s Da Cuero, elle déverse ses rimes poétiques et assassines sur celles et ceux dont elle estime que les actions et les comportements l’empoisonnent elle, mais aussi la société.

A l’image, le rendu est saisissant puisque, sous les traits du personnage d’Eleven dans Stranger Things, la rappeuse, plongée de ses pensées, s’adonne à une sinistre besogne filmée en plan séquence. « Chaque figurant incarne une action, des idées ou une personne qui peut me saouler ou m’énerver », explique t-elle. « A force, je perds patience, je finis par buter tout le monde et ils apparaissent morts à l’image.

Pas d’effusion de sang néanmoins. Pour les artistes et le réalisateur Sébastien Marqué, il n’était en effet pas question d’aller flirter avec le sensationnel. Ils ont préféré amener la mort de façon plus subtile, histoire de ne pas éclipser les propos :  »On trouvait que ne pas aller dans le gore avait beaucoup plus d’impact et servait beaucoup plus l’idée que tout se passait dans ma tête. Cela dit, ça aurait été drôle de faire un truc complètement gore, ça m’aurait fait marrer« , s’amuse la méchante petite femme.

En rebond sur l’actualité

Habituée aux morceaux coup de poing, Pumpkin a rarement frappé aussi fort et dans le mille. Une force de frappe atteinte grâce à la force tirée des tracas de sa vie quotidienne, mais également accrue par le climat anxiogène ambiant du moment :« On est en plein dans l’actu, les langues se délient dans tous les sens. Il n’y a plus de filtres, les gens parlent sans réfléchir et sans savoir. Il y a une montée des tensions et je ne sais pas où ça va nous mener, s’inquiète Pumpkin.

Un sentiment d’inquiétude renforcé d’autant plus par les perspectives incertaines auxquelles doivent faire face les artistes et autres acteurs de la culture. Malgré tout, Pumpkin reste optimiste : « A la base, je comptais faire ce morceau sur scène comme un exutoire. C’est sûr que de faire un clip comme ça m’a permis d’extérioriser mes émotions et ça fait du bien. J’ai gueulé un bon coup et je suis prête à repartir sur de bonnes bases ».

La meilleure chose à faire en cette période difficile pour les artistes, à plus forte raison quand ceux-ci sont indépendants et talentueux, reste encore de les soutenir en écoutant et en achetant leur musique. En attendant que Pumpkin & Vin’s Da Cuero remontent ensemble sur scène, leur album Abysses Repetita, duquel est extrait « Méchante petite femme », est à retrouver à l’achat en vinyle et au format digital sur le site du label Mentalow Music.

© Franck Lebègue

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