Quand Busta Rhymes et ODB font trembler le rap

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image odb busta rhymes
Allez fais nous un sourire Busta…

La folie a toujours joué un rôle important dans l’image du rap. Notamment à cause des personnages noirs des films sur le ghetto des années 80/90, qui surjouaient les fou incontrôlables à l’écran, les gars les plus imprévisibles parce qu’ils ont un “pet’ au casque”. Ces personnages ont énormément inspiré les rappeurs, qui se sont mis à adopter parfois un personnage qui est à la limite de l’internement, pour faire peur aux gens, et aussi pour les faire rire. C’est le cas, par exemple, de Busta Rhymes et ODB, un peu pionniers d’un genre qui domine presque le rap US aujourd’hui: le rap de fous, un peu drogués.

On va évidemment ici vous parler de l’excellent morceau (et du clip) fait par Busta et Ol’Dirty Bastad: “Woo Hah! Got You all in check”. Un morceau qui aura fortement participé à la renommée du rap de fous. Pourquoi particulièrement celui-ci? Car ODB et Busta incarnent alors exactement les personnages qu’il faut pour faire un hit avec ce genre de thèmes. Ils l’ont déjà démontré tous les deux par le passé, chacun de leur côté, ou dans les battles qui les opposaient pendant leurs débuts. Car les deux rappeurs viennent de Brooklyn, et se connaissent donc de longue date.

Le morceau est mythique car il est complètement absurde, bien plus que les textes d’Eminem dans lesquels il joue au fou par exemple, car lui a toujours une volonté de tourner en ridicule un aspect de la société. Ici, il n’y a pas vraiment de but, dans les textes comme dans le clip. Et c’est ça qui est si bon.

Un texte sans queue ni tête

On le sent dès les premières notes de la mélodie, complètement désynchronisée et très spéciale : les deux rappeurs vont pouvoir donner libre court à leur folie. Et ça commence dès les premiers cris, puis les premières paroles: “We on some outta space shit like you watch Star Trek”. Tellement fous qu’ils sont d’une autre galaxie.

Ils enchaînent ensuite sur un couplet très egotrip, où les deux rappeurs se congratulent de leurs succès respectifs, avec leurs nominations. Et surtout, ils montrent qu’ils n’en ont rien à foutre. Tout ce qu’ils veulent c’est continuer à faire lever les foules, et être mondialement reconnus comme les plus fous du game.

Après le hook, ils recommencent de plus belle, avec ODB à la barre qui nous parle d’ecstasy, et du fait que sa manière de danser et rapper est tellement incroyable qu’elle fait de l’effet à toutes les femmes. L’egotrip atteint son paroxysme dans le dernier couplet, où Busta notamment est particulièrement insolent, en disant à la concurrence qu’elle est ennuyeuse pendant que lui s’infiltre dans toutes les playlists avec ODB. Et c’est vrai, ils sont au sommet de leur carrière, et a ce même moment, au sommet de leur art du n’importe quoi. Un très bon texte, donc, mais qui ne serait jamais resté dans les anales si il n’y avait pas eu ce clip d’un genre nouveau, et très perché.

Un clip génial

Car c’est un des premiers clips dont la mise en scène est aussi poussée. Busta aura d’ailleurs, dans toute sa carrière, été un des MCs favoris de la chaîne MTV, et c’est en partie grâce à ce clip, et sa folie en général. Dans la vidéo, les deux rappeurs sont représentés en camisole de force (parfois les deux dans la même camisole), le tout dans une chambre capitonnée, probablement au sein d’un établissement psychiatrique.

Et ils y sont parfaitement à leur place, parvenant même à rendre fous leurs gardiens. Comment? En se jetant la tête contre les murs, en les regardant avec leurs yeux de drogués, ou en rappant des choses insensées avec leur flow sans queue ni tête. Si certains rappeurs, notamment Tupac et Dre sur “California Love”, avaient déjà sortis des clips un peu perchés, les références avaient toujours un sens, elles étaient justifiées.

Là, on a juste deux rappeurs qui ont décidé de faire sauter toutes les barrières, avec un son et un clip qui n’ont aucuns rapports avec tout le reste de la production musicale jusqu’ici. Un vrai OVNI. Pourtant, il va influencer toute la production rap qui va suivre, des Three 6 Mafia jusqu’aux plus récents Kodak Black, ou XXXTentacion, ou encore Lil Uzi Vert, pour ne citer qu’eux. Et ça, sans rien calculer, et avec un refrain dont la moitié des paroles viennent de textes du Sugar Hill Gang. Bref, du beau boulot!

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