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Wu-Tang, again and again

image wu tang clan the saga continues chronique album
Ça y est, le dernier album du Wu est déjà disponible à l'écoute.

On ne va pas vous cacher qu’on était assez impatients d’écouter ce projet. Le Wu-Tang Clan qui revient presque au grand complet avec un nouvel album, voilà une nouvelle qui n’a laissé aucun amateur de hip hop insensible. Pour ceux qui viendraient d’une autre galaxie ou d’un pays où on écoute pas de musique, le Wu, c’est probablement le meilleur groupe de rap de tous les temps. Il a d’ailleurs été qualifié comme tel par plusieurs rappeurs ou magasines comme Rolling Stones.

Des millions de disques vendus, une école du hip hop authentique tenue à bouts de bras par les membres, et dont ils sont les pionniers, et aujourd’hui, 8 albums solo, dont aucun n’est un échec. Les MCs maîtrisent le rap, et ce depuis leurs débuts en 1993, ils en ont fait leur chose. Le groupe a tout réinventé : les flows, les thèmes, les attitudes, les instrus, et même le caractère mystique qui les entoure, leur donnant parfois l’aspect de véritables chefs religieux. Des prêtres qui œuvrent pour la propagation des valeurs du hip hop, les véritables, comme l’authenticité, ou l’élévation des consciences.

Et avec cet album, le groupe de NYC a une fois de plus livré un produit sans failles, bien fait de la première à la dernière seconde. Dans tous les aspects qui composent un album de rap, le projet est parfait, il est musical, il est intelligent, les rappeurs produisent une véritable alchimie et on va vous expliquer ça un peu plus en détails.

Toujours les mêmes

Ce qui frappe, c’est l’atmosphère qui entoure le disque et les artistes, qui demeure inchangé depuis 25 ans maintenant, si on oublie l’aspect complètement barge apporté au début par Ol Dirty Bastard (repose en paix), qui n’a malheureusement jamais pu être remplacé. Cette atmosphère c’est celui des rues de New-York, avec le ciment qui colle aux chaussures, vous empêchant de vous enfuir. New-York vous retient dans ses rues, et vous y fait vivre toutes sortes d’aventures incroyables, on ressent bien ça par exemple dans le morceau  »Pearl Harbor ».

Comme pour les précédents projets, les humeurs varient. On trouve quelques bangers, toujours bien street, comme  »If What You Say is true » ou  »Hood Go Bang », ou encore  »Frozen ». On peut aussi écouter quelques titres beaucoup plus mélancoliques comme  »If Time is Money », ou des titres beaucoup plus mystiques, qui sont légions. On pourrait leur reprocher de toujours faire la même chose. Mais pourquoi changer d’ingrédients lorsqu’on  trouvé la meilleure recette du hip hop?

L’ambiance, elle est garantie par DJ Mathematics, proche du groupe depuis longtemps, et à qui RZA a passé les manettes pour ce disque. Bien entendu, RZA est toujours à la production, mais les instrus ont toutes été composées par DJ Math’ qui a apporté sa propre touche, tout en conservant intact l’édifice intemporel du Wu. On trouve par exemple un peu plus d’instrus jazzys, voire même groovy. Elles existaient déjà avant, mais Mathematics a introduit quelques notes supplémentaires, notamment au niveau des basses, rendant les instrus un petit peu plus  »complètes » (c’est vraiment pour pinailler qu’on fait cette remarque, RZA reste un génie). Mais tout ça n’aurait pas été possible sans les rappeurs du groupe, qui se donnent tous au maximum.

Qui peut stopper Method Man ?

Que ce soit les membres du groupe, les proches du groupe, ou les invités, le Wu ne fonctionne qu’en clan, avec les MCs qui partagent les mêmes valeurs et la même vision du hip hop. Au rayon des invités, on retrouve donc Killa Priest, Chris Rivers, Sean Prie, Swnkah, R-Mean, Mzee Jones, Streetlife, Steven Latorre, mais aussi Cappadonna et Redman qui font maintenant presque partie intégrante du groupe, depuis le temps.

Tout ça, ça maintient la cohérence dans l’univers du Wu et dans les propos des rappeurs, qui continuent aussi bien à se poser en professeurs, maîtres shaolin du rap comme dans  »Lesson Learn’d », que de parler des dures réalités de la vie de rue comme dans  »Pearl Harbor », dans lequel Sean Price demande dans le premier couplet :  »You ever been-face-fucked with a .45 ? » . Ce sens de la punchline lâchée avec un flow incisif, tous le maîtrisent, et c’est pour cela que l’album est aussi réussi.

Même si, parmi tous ces talents, il y en a un qui continue à étonner, même au bout de 25 ans. Method Man, en effet, brille plus que jamais. Comme le bon vin, on a l’impression que Meth’ devient de plus en plus fort au fur et à mesure que le temps passe. Il est d’ailleurs présent sur presque tous les meilleurs titres du projet. De là à dire que ces morceaux sont meilleurs grâce à lui, il n’y a qu’un pas… On vous met un de ses derniers sons hors Wu-Tang, pour que vous vous fassiez une idée.

Mais le but n’est pas de mesurer les MCs entre eux et Inspectah Deck ou Raekwon sont eux aussi toujours aussi incroyables. Un disque abouti, de la première à la dernière seconde, avec des MCs qui alternent entre métaphores poétiques et punchlines assez sales pour apporter un petit morceau de New-York dans nos oreilles. A écouter sans modération !

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