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Retour vers le classique: H.N.I.C de Prodigy

image Prodigy article retour vers le classique H.N.I.C
Le regretté rappeur Prodigy

On poursuit notre hommage à Prodigy à travers différents articles traitants de sa carrière. Vous avez notamment pu lire notre résumé de sa carrière, en solo mais aussi en compagnie de Havoc, la moitié de Mobb Deep. De quoi raviver des souvenirs, et mettre en évidence un parcours digne d’être pris en exemple dans le rap. Et justement, puisque nous en parlons, il est bon de nourrir tous ces propos d’exemples. Aussi, alors que Mobb Deep est évidemment connu de vous tous, nous allons au vu des tristes circonstances nous focaliser sur le solo de l’artiste. Et pour cela, quoi de mieux que le tout premier album que Prodigy a pu nous soumettre: « H.N.I.C ».

En solo, Prodigy est voué au classique

Après avoir briller tout au long de la décennie de 90 avec Mobb Deep, appelé à devenir l’un des duos les plus populaire de toute l’histoire du rap, Prodigy se décide à expérimenter la musique en solo. Sans être épaulé par Havoc cette fois-ci, il compte bien nous livrer un grand cru personnel. Et c’est le 14 novembre 2000 que l’on peut enfin découvrir le résultat avec la sortie de l’album « H.N.I.C ». Un titre signifiant « Head Nigga In Charge », et qui dès à présent résonne encore et toujours comme un gage de qualité certain pour tout amateur de rap. D’ailleurs, en janvier 2002, l’album est certifié disque d’or. Un projet qui, dès l’or, ne cesse d’être sacraliser par les fans. Il faut dire que l’artiste est là encore en pleine maitrise de son talent, fort d’un album puisant, toujours ancré dans un rap résolument hardcore qui est au final bien sa marque de fabrique. On peut s’en rendre compte dès le départ, avec « Genesis », morceau fort qui donne immédiatement le ton. Aussi, on ne pourra pas prétendre que l’album est révolutionnaire. En soi, ce n’est pas ce que Prodigy a cherché de toutes façons. Il n’empêche que l’on est en présence de l’un des meilleurs albums du début du nouveau millénaire, la quintessence d’un rap pur et brut. L’agressivité est toujours de mise dans les paroles (« I’m not in the wrong, Cause niggaz deserve every piece of death they get »), couplée à la grandiloquence des ambitions de fortune propre au rap (« We need NBA cash, the yachts, the labs, the Porsche, Ferrari, the Hummer, you mad ? »). L’argent, la violence et en définitive la vie de rue sont encore et toujours les thèmes centraux abordés au sein des 17 tracks qui composent l’album. La grande force des propos du rappeur réside dans cet aspect touchant propre à ses paroles, malgré la violence qui en émane aux premiers abords. on s’en toujours la douleur dans les mots, douleur de la vie, douleur de la maladie (la drépanocytose qui l’affecte depuis l’enfance, le condamnant à d’incessants aller et retour à l’hôpital). La véritable poésie ressort de ce mélange subtil de sensations et de sentiments dans les paroles. Où comment assurer un véritable album digne de ce nom, apte à tous nous emporter.

https://www.youtube.com/watch?v=5qNnUQ_5lPQ

 

Un entourage 100% new-yorkais

Evidemment, avec un projet aussi conséquent, en dépit de l’étiquette solo qu’on lui appose, on ne peut éviter les traditionnels invités en featurings qui viennent peupler la tracklistN.O.R.E (« What U Rep »), Cormega (« Three »), Havoc bien sûr (« Wanna Be Thugs »), et bien d’autre… pas de doute, la famille a été convoquée et a répondu présent comme il se devait ! Il fallait bien ça pour faire ressortir toute l’atmosphère puissante de l’album. Au niveau des prods, c’est là encore très diversifié. On notera l’implication de Prodigy qui signe intro, outro et skit, ce qui accentue l’aspect personnel de l’opus. Le reste est tout aussi professionnel, avec l’habitué The Alchemist (« Can’t Complain », « Delt with the Bullshit », « Trials of Love« ). Des instrus qui permettent de briser l’image (pas tant exagérée que ça reconnaissons le) des sonorités froides et austères du rap East Coast. Tout comme les lyrics du MC, on ne peut qu’être touché par certaines instrus envoutantes (et je pense là aux violons du titre éponyme « H.N.I.C »).

Un ensemble de sonorités et d’artistes qui, en plus de concrétiser pleinement l’étiquette de représentation parfaite du rap de la côte Est, réussit le pari de permettre à Prodigy d’assurer encore un son qui plait. Evidemment me direz-vous au vu de la fan base du bonhomme, mais il faut toutefois se replacer dans le contexte de l’époque. Début des années 2000, le rap se transforme considérablement et commence à accueillir une nouvelle génération et, du coup, une nouvelle école. Prodigy réussit parfaitement à négocier son virage, conservant totalement l’esprit musical qui l’a toujours habité et livrant une copie bien plus que correct.

 

Au final, on se retrouve une fois de plus en présence d’un véritable classique. En duo ou en solo, les qualités de Prodigy brillent toujours autant, et l’artiste sait mieux que quiconque représenter la veine hardcore du rap, tout en se permettant tout de même d’être d’avantage sensible par certains aspects. Une combinaison de thèmes et de tons qui forgent une identité véritable à l’album, d’une grande qualité tout au long de la vingtaine de chansons le composant. Et aujourd’hui, alors que l’on pleure le départ de son auteur, on reconnait d’avantage encore le classique. Head Nigga In Classic…

 

image cover album HNIC de Prodigy
pochette de l’album H.N.I.C de Prodigy

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