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Pourquoi les Celtics sortent gagnant du trade Irving vs Thomas & Co.

La nuit dernière, le dénouement du feuilleton Kyrie Irving a enfin eu lieu, et le moins que l’on puisse c’est qu’il n’a pas accouché d’une souris. Le meneur des Cavs s’en va à Boston contre une autre star, Isaiah Thomas. Dans le panier également : Jae Crawder, Ante Zizic et le 1er tour de draft 2018 des Brooklyn Nets. A première vue et à en croire les réactions sur les réseaux sociaux, Boston s’est presque fait enfler en cédant autant de monde pour la venue d’un seul joueur. Sauf qu’en creusant, les Celtics et Danny Ainge semblent avoir réalisé une au moins aussi bonne affaire que leur rivaux Cleveland.

Zizic et Crowder, les poids morts

Depuis leur recrutement estival et la venue de Gordon Hayward au contrat max ainsi que celle de Marcus Morris et la draft de Jayson Tatum, Jae Crowder faisait partie des indésirables à lourder. Pour faire de la place aux jeunes et soulager les finances. Si son rapport qualité prix (7 millions par an sur deux ans) semble excellent, force est de constater que peu de franchises sont venues taper à la porte pour l’ailier. Sans cet échange, Boston se serait surement résigné à s’en défaire pour une faible contrepartie. L’inclure dans ce blockbuster trade est donc une perte sportive nulle pour eux, en plus d’être une affaire financière.

Ante Zizic, 20 ans et encore zéro match en NBA, était lui un jeune à polir. Très talentueux, le pivot croate de 2m13 a du basket plein les mains. Problème, le coach celte  Brad Stevens est un fervent défenseur du small ball et n’est pas réputé pour mettre en valeur ses intérieurs. En témoigne sa dernière déclaration. « Je ne considère plus qu’il y a cinq postes. Je pense qu’on peut simplifier les choses en trois postes désormais : le porteur de balle, l’ailier et l’intérieur. C’est très important. Les joueurs sont devenus plus polyvalents avec l’évolution du jeu. » Zizic n’est pas l’archétype du joueur moderne selon son coach, il lui aurait donc été difficile de se faire une place au soleil dans le Massachusetts.

Isaiah Thomas : Free agent l’été prochain

Que faire quand un joueur qui incarne le renouveau de la franchise est free-agent l’été suivant, exige le maximum et que l’on ne veut pas consentir à le lui donner ? Pour le pragmatique Danny Ainge, pas de problème de cœur. Le Gm de Boston a simplement trouvé une porte de sortie à son joueur star afin de recevoir une contrepartie intéressante. Le génial lutin avait en effet affirmé début juillet « être un joueur au contrat max » avant de prévenir les dirigeants de la maison verte sur son plan de carrière « J’aimerais rester à Boston. J’adorerais amener un titre ici et faire partie un jour peut-être des légendes des Celtics, comme Danny Ainge l’a dit… Mais c’est un business et on ne sait jamais ce qui peut se passer. Je garde mes options ouvertes ». En clair, aller voir ailleurs si Boston ne consentait pas à lui donner le contrat voulu. Avec la récente signature d’Hayward au prix fort et en connaissant le sens du business de Danny Ainge, il ne fait peu de doute que les deux n’auraient pu trouver un terrain d’entente et que Isaiah Thomas serait parti là où la liasse de billet serait plus épaisse. Danny a, comme souvent, préférer anticiper que subir.

1er choix de draft 2018 des Nets

C’est peut-être finalement ce qui sera la plus grosse perte à long terme. Les Celtics ont choisi de lâcher le dernier asset de leur trade grandement gagnant avec Brooklyn en 2013. Si avec Brown et Tatum, l’avenir est déjà assuré, ils auraient pu acquérir un troisième larron de grande qualité pour mener la nouvelle génération celte. En effet, les spécialistes s’accordent à dire que la draft 2018 sera extrêmement forte au niveau des tops picks (Doncic, Porter, Bagley, Bamba, Ayton). Brooklyn, bien que renforcé par des joueurs de qualité à l’intersaison, DeAngelo Russell et Allen Crabbe en tête, pourraient encore figurer parmi les cancres de la ligue. Un pick top 5 découlant de leur classement est donc envisageable et un gamin destiné à écrire le futur de la Nba et peut-être présent parmi eux. Reste que Boston ne veut plus attendre. Avec Hayward et maintenant Irving, les Celtics veulent enfin regarder les Cavs les yeux dans les yeux et goûter à leurs premières finales depuis la fin de l’époque Big Three.

Irving arrive : calibre superstar

Plutôt que de perdre sa star sans contrepartie, une autre débarque, plus grande et plus talentueuse encore : Kyrie Irving. Si certains sont sceptiques quant à son aptitude à se fondre dans un collectif, son talent hors du commun ne peut être remis en cause. Ses deux matchs à 38 et 40 points pendant les dernières finales et son shoot décisif en 2016 sont des bons révélateurs sur le niveau stratosphérique dont il peut faire preuve. Parfois irrégulier ? On répondra qu’il aura des lieutenants de luxes à ses côtés pour prendre le relais. Joueur peu collectif ? Aucun de ses entraineurs ne valaient Stevens en terme de coaching offensif et LeBron James vampirisait logiquement le jeu des Cavs. L’intelligence de jeu de Irving est bien mésestimée. La légende du coaching Mike Krzyzewski, alias Coach K, qui a eu sous ses ordres Irving à Duke, est d’ailleurs très élogieux envers son poulain. « Ce qu’il y a avec lui c’est qu’il continue de s’améliorer et il est intelligent, intelligent avec les gens et le jeu. Il montre son intelligence alors même que ça joue à très haut niveau. Les joueurs vraiment bons sont comme ça. » Avec Brad Stevens, il pourra et devra jouer aussi en tant que véritable meneur et distribuer la gonfle à ses talentueux partenaires. Au coach de Boston de modeler le jeu collectif de son équipe en fonction des qualités de son nouveau joueur, mais Kyrie Irving a toutes les clés pour écrire une belle page de son histoire et de celle de la NBA aux Boston Celtics.

Irving : Welcome to Boston Celtics !

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