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Les meilleures introductions dans le rap français : années 1990

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Au fil des années, certaines intros d’albums sont restées mythiques. Retour sur dix d’entre elles qui ont marqué le rap français des années 1990.

Ce confinement forcé pendant lequel les actualités rapologiques se réduisent est une occasion de prendre un peu de recul. De faire un bon en arrière dans l’histoire du rap français. Pour cela, quoi de mieux que de revenir sur les meilleures introductions d’albums, de mixtapes, d’EP ou bien encore de maxis ? Pour vous occuper pendant la quarantaine, nous vous proposons un dossier entre trois parties.

Trois dossiers pour trois générations, dont la première vous transportera dans les années 90. Dix introductions de la décennie 90-2000 qui promettent de raviver des souvenirs à certains, et choquer les plus jeunes…

Ministère A.M.E.R – « Prélude au réveil »

« Le savoir est une arme et je sors toujours armé », l’introduction de 95200 est une déflagration pour l’époque. En 1994, les deux lascars Passi et Stomy Bugsy sont les représentants d’un nouveau genre, un rap hardcore et militant, courant plus vite que les balles à Sarcelles. Chapeauté par Kenzy, le morceau est un modèle de mise en tension. Passi le dit lui-même, 95200 est le « premier album de cité » et une des introductions les plus percutantes de la décennie.

Akhenaton – « La Cosca »

Entre Naples et Marseille, AKH et la Mafia. Sur le légendaire Métèque et Mat enregistré en Italie, Akhenaton y signe une auto-biographie fictive : « Je suis né en 1903/ Au milieu des Vendettas, dans les environs de Caltanissetta / Où seuls l’honneur et la famille décident ». En décrivant les notions de pouvoir et de l’organisation de la Cosa Nostra, AKH signe une introduction d’un story-telling inoubliable. Il était une fois la Cosca.

Les sages poètes de la rue – « Je décompose les mots »

Premier album du groupe composé par Dany Dan, Zoxea et Melopheelo, Qu’est-ce qui fait marcher les sages ? est un classique. L’introduction laisse libre cours à Zoxea d’étaler sa technique où celui-ci décompose les mots. Une véritable leçon de couplets multi-syllabiques :
« Mon rap est animal, mon son subliminal / Oui j’ai la manie de mal parler sur l’instrumental quand je m’étale / Je dépose mes proses, cause et dose choses qu’impose / Peuvent pas composer quand un Sage se pose ».

Expression Direkt – « Mon esprit part en couilles »

Présent sur un maxi avant de plaire à Matthieu Kassovitz pour la BO de La Haine, le titre est popularisé par le succès du film au festival de Cannes 1995. Le morceau est ainsi présent dans une scène où les trois lascars partent de leur banlieue pour monter sur Paris à bord de leur BMW. Une ride où le son ne fait qu’un avec Vinz (Vincent Cassel), le regard hagard dévisageant les rues de la capitale comme des inconnus.

Doc Gynéco – « Viens voir le docteur »

Avec Première Consultation, l’obsédé textuel Doc Gynéco arrive comme une bombe dans le rap français. Très décomplexé, il fait de cette introduction un titre ouvertement sexuel où son cabinet accueille de très jeunes femmes… Crooner, amoureux des femmes, son ironie fera du Doc un personnage à part dans le rap français, brisant les frontières avec la variété.
Cependant, pas sûr que ce morceau serait passé sur les ondes en 2020…

IAM – « L’école du micro d’argent »

L’album le plus populaire du rap français ne pouvait que démarrer par une introduction des plus illustres. Dans une ambiance guerrière, AKH et Shurik’n enchaînent les phases sur l’univers militaire et partent en croisade. Sur le champ de bataille, la bannière IAM est élevée au rang de mythe : « Sans relâche, je crache des cendres / Et poursuivrai les massacres jusqu’à ce que le nom d’AKH soit légende ». L’art de la guerre.

Shurik’n – « Samouraï »

Dans la continuité, Shurik’n surfe sur cette vibe de guerrier asiatique avec l’album Où je vis en 1998. Ce grand adepte d’arts martiaux, taoïste confirmé, prend une pause dans l’essor d’IAM et s’offre son premier album solo. L’intro se fait tout naturellement dans la peau d’un rōnin, un samouraï sans maître, délaissé de l’ombre d’AKH.

Fabe – « Détournement de son »

Point d’orgue d’une carrière abrégée pour des principes religieux, Fabe rappelle dans le premier morceau de Détournement de son, un attachement toujours solide à la Scred Connexion.
Via des scratchs et des lyrics de précédents morceaux du collectif, Fabe poursuit l’esprit du groupe dans une des plus mythiques introductions du rap français. Jamais dans la tendance, toujours dans la bonne direction.

B.O Taxi/Chiens de paille – « Maudit soient les yeux fermés »

Composée par Akhenaton suite à la demande de Luc Besson, la B.O du 1er film Taxi démarre sur une note de tristesse infinie. Sako des Chiens de Paille ouvre la traversée dans Marseille par un texte d’une teinte très mélancolique : « Réminiscences sombres aux couleurs d’améthyste / Mais qu’est-ce tu veux qu’j’te dise, tu sais, mon âme est triste ». À l’image de sa discographie, hantée de 1001 fantômes.

Ideal J – « Le combat continue 2 »

Produit par l’immense et regretté DJ Mehdi, ce morceau est l’apogée de la collaboration entre deux artistes qui vont prendre des chemins différents. DJ Mehdi dans la musique électronique et Kery James vers un rap plus conscient, spirituel. Le rappeur change de technique d’écriture pour cet album en écrivant en studio, en urgence. Ce qui donne une des plus grandes introductions des années 90, un brûlot à l’image de sa couverture.

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