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Bohan Phoenix compte faire de son retour en Chine un art

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Le rappeur Sino-américain Bohan Phoenix s’est confié au micro de HipHopDX Asia. Il a abordé de nombreux sujets touchant essentiellement sa carrière, sa vie et son identité culturelle.

C’ est un rappeur qui évolue dans un registre particulier. Du fait de ses origines chinoises et de sa vie américaine débutée à ses 11 ans d’âge, il rappe en mandarin et en anglais. Il entretient donc une base de fans en Chine du côté de l’Asie et sur le continent américain précisément aux Etats-Unis. Il a été sujet à des conflits culturels au fond de lui mais essaye de trouver le juste équilibre. Cette recherche qui ne lui a pas permis pour le moment, de s’exporter en dehors de ces deux communautés, l’a quand même permis de se trouver un mode de vie. « Vivant en Amérique depuis le plus longtemps, vous marchez en quelque sorte sur cette ligne entre le noir et le blanc – comme si vous étiez asiatique ou n’importe qui d’autre. Vous avez votre propre récit, vous avez vos propres histoires, mais vous gardez cela en quelque sorte au sein de votre communauté », a déclaré le rappeur depuis son appartement de Los Angeles.

La Covid-19 et son couteau à double tranchant

La pandémie aux coronavirus a beaucoup impacté Bohan, sa perception et sa musique.

Il a déménagé de New York pour s’installer à Los Angeles en Californie et ceci est tout à fait compréhensible quand on sait que la pandémie l’a isolé du reste du monde du fait qu’il vivait à New York, épicentre même de la pandémie au pays de l’oncle Sam. Cet isolement lui a fait développer une autre façon de voir les choses. « Vous ne voulez pas vraiment l’imposer à d’autres personnes parce que vous vous dites : « Oh, vous savez, ce n’est pas chez moi » ou quoi que ce soit d’autre. Mais maintenant, je me dis, merde tout ça », a-t-il dit pour aborder son changement de perception des choses.

Il s’est un peu plus ouvert et il l’exprime mieux quand il dit : « Je pensais juste que mon identité dans ce pays était insignifiante. J’étais comme : c’est moi. Pourquoi devons-nous entrer dans ce genre de choses comme, je suis américain d’origine asiatique, je suis américain d’origine chinoise, les gens ne se soucient pas de moi, d’accord ». Il se permet un rétro pour un peu faire ressortir son ancienne personnalité. « Je ne m’autoriserais pas à ressentir ce sentiment. Je me disais : “Je comprends ce qui se passe, c’est terminé. Je ne voulais pas perdre mon temps avec ça parce que je sentais que mon temps n’en valait pas la peine. Mais une fois que je me suis autorisée à me sentir blessée, à m’appesantir sur moi-même, à ressentir et à réaliser que je ne suis pas visible, cela m’a inspiré confiance parce que j’ai réalisé ce que je suis et ce que j’ai pour moi, vous savez, et c’est mon héritage, ma communauté… ».

Sur le plan musical, l’artiste est resté un peu muet et  il l’a voulu ainsi. « Je n’ai pas sorti beaucoup de musique pendant la pandémie parce que c’était bizarre », avance-t-il.

Les inconvénients d’une vie d’artiste

Comme Doja Cat, Bohan remet en cause sa vie d’artiste. Il a fait des choses qu’il n’aurait pas voulu faire puisqu’en déphasage avec son ancienne personnalité.  C’était par exemple le cas lorsqu’il a sorti en septembre 2020, un morceau intitulé « Unconditional » pour EMPIRE Presents : Voices For Change : Vol. 1. Il avait participé malgré lui à ce projet qui a réuni un collectif d’artistes qui souhaitaient amplifier les luttes de leurs communautés respectives tout en défendant la solidarité avec le mouvement Black Lives Matter. Il plante le décor à propos de ce dur mais bénéfique exercice en disant : « Parfois, j’ai du mal à assumer le fait que je suis un artiste ». Il regarde quand même le bon côté des choses en appréciant l’avantage d’ être un peu plus ouvert. Il se base sur les résultats finaux. « Ce que je veux dire, c’est que je ne voulais vraiment pas faire de musique sur [les événements actuels] parce que je ne voulais pas faire de l’auto-promotion. Tu sais, même si c’est une chanson qui parle de quelque chose qui se passe autour de moi. Même en parlant de moi, comme, quand je poste ça, c’est juste comme : Bohan Phoenix, j’adore ta nouvelle chanson, écoute-la».

D’énormes sacrifices pour sortir son album

Depuis 2018, Bohan travaille sur un album complet qui sortira en 2022. Il a pour cela fait des progrès dans sa carrière et ceci avec JUICE, la marque hip hop de Warner Music China.

Il a aussi sacrifié beaucoup de son temps au point de ne pas être en mesure de voir sa famille essentiellement en Chine et sa mère installée à Boston. Les nombreux déplacements entre les villes pour des spectacles l’ont beaucoup occupé. Il analyse tout le parcours et se dit que « c’est particulièrement difficile parce que je vois habituellement ma famille au moins deux à trois fois par an. Et je n’ai pas vraiment pu les voir depuis 2019 ».

Les bienfaits de sa prise de conscience

Ayant compris, Bohan s’exprime sur une piste sur le titre « mais je t’aime toujours » en mai 2021 en collaboration avec l’organisation à but non lucratif Hate Is A Virus. Il y expose les réalités concernant les crimes haineux contre la communauté asiatique aux États-Unis. Il a puisé son inspiration en 15 minutes en s’appuyant sur l’attaque brutale contre la Philippine-Américaine Vilma Kari en mars et aussi d’autres évènements. « J’avais fait quelques variations de choses [sur la chanson]. D’abord, ils étaient juste plus en colère, tu sais ? Mais ce n’était pas exactement ce que je ressentais. Parce qu’il y avait beaucoup de colère en ligne ».

Un retour en chine comme un héros

Bohan commence à avoir le mal du pays et justifie son besoin d’y retourner.« En vieillissant, je me sens de plus en plus chez moi en Chine. Peut-être ai-je simplement envie d’y retourner et de l’explorer davantage».

Il analyse le Hip-Hop de son pays comme ayant encore du chemin et des améliorations à faire. «Cela me donne l’espoir qu’un jour, lorsqu’il y aura suffisamment de bonnes choses, le goût des gens s’élèvera », dit-il, avant d’ajouter sa vision d’un Hip-Hop plus créatif : « Oui, le marché chinois du hip-hop est] restrictif. Bien sûr, vous ne pouvez pas parler de drogues, d’armes à feu et de violence. Bien. Pour être honnête, cette culture n’existe pas en Chine de toute façon, pourquoi les artistes devraient-ils en parler ? Le hip-hop est censé être cool, individuel, inventif, et tout ça. C’est censé être le reflet de votre style de vie. »

Bohan porte désormais sa communauté et sait qu’il peut apporter gros au milieu hip-hop chinois encore jeune et peu expérimenté.

Sidoine
Sidoine
Journaliste et traducteur EN-FR, je suis passionné d'Internet, de technologies, de crypto-monnaies et de musique, le Rap tout particulièrement. Je suis tombé dans le chaudron de MC Solaar lorsqu'avec l'aide du druide Jimmy Jay, il préparait l'album Qui sème le vent récolte le tempo.
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