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Kemmler : son album Cœur, le meilleur remède contre le blues du confinement

Kemmler album Cœur interview chronique

Nous avons discuté avec le rappeur marseillais Kemmler, à l’occasion de la sortie de son album « Coeur », deuxième volet de son projet d’album évolutif en trois parties.

Au début du premier confinement, Kemmler publiait « Confinez-moi avec elle », un morceau tendre et acoustique issu de son album Gris. Six mois et un nouveau confinement plus tard, il enchaîne avec Coeur, le deuxième volet de sa trilogie d’albums évolutifs à venir. Par évolutif, il explique : « j’entends que chaque partie de l’album représente une période particulière de ma vie ».

Gris, telle était donc la couleur du premier opus. Si le titre découle du climat maussade de cette année 2020 malheureusement pas très joyeuse, il s’inspirait aussi de l’état d’esprit général du rappeur à cette période : « Je suis quelqu’un d’hyperémotif. Je me pose des questions existentielles en permanence. Je me demande tout le temps si je suis une bonne personne et pourquoi je n’arrive pas à trouver la plénitude ».

Il reconnaît également avoir des difficultés à savourer le moment présent : « Même quand quelque chose me rend heureux, j’ai l’impression que ça ne dure qu’un temps. Je n’arrive pas à savourer ce que j’ai, je veux toujours plus ».

Bien qu’il danse régulièrement avec ses démons intérieurs, réjouissons-nous de voir qu’avec cette deuxième partie, le ciel ombrageux émotionnel du rappeur marseillais s’est visiblement dégagé pour laisser place à quelques éclaircies. Dans Cœur, si évidemment quelques zones d’ombre subsistent encore, Kemmler décide de se dévoiler comme jamais, en mettant sur le même plan, ses forces et ses faiblesses, sa part d’ombre et sa part de lumière. Une authenticité à toute épreuve qui ne laissera personne indifférent.

Un artiste universel et touchant

A l’heure où Marseille et la France entière résonnent encore aux sons de 13 Organisé, Yoann de son vrai nom est loin de tout ça. En effet, bien qu’il soit un fan inconditionnel de l’OM et un amoureux fou de sa ville, Kemmler n’est pas du tout un artiste qui revendique son identité marseillaise. Bien au-dessus du chauvinisme régionaliste, ses textes et sa musique brillent plutôt par leur sincérité et leur portée universelle. Un décalage par rapport au reste de la scène marseillaise qu’il assume totalement : « ça ne m’intéresse pas de représenter juste ma ville. Je préfère parler aux gens, ceux qui comme moi se posent des questions sur la vie« .

« Je chante pas la rue, je chante pas la cité, je chante moi », rappe-t-il dans « Absolution ». Et sa force est bien là : Kemmler parle aux gens sans tabou et à cœur ouvert de son quotidien. Comprenez que de ses questionnements personnels aux situations les plus banales de ses journées, tout ce qui rythme sa vie de tous les jours transparaît dans sa musique.

Ses peurs, ses doutes, des histoires de famille, de potes, de meufs ou de foot… Tout y passe. Il explique : « Dans ce projet, je glisse mes humeurs du moment, mes passions. Je représente toutes mes facettes et je montre l’intégralité de ce que je suis. Dedans, je passe par beaucoup de moods différents comme un arbre à plusieurs branches où chacun peut trouver celle qui lui correspond ». Voilà pourquoi tant de personnes s’identifient à sa musique et se sentent si proches de lui. Ecoutez-le et vous verrez que vous vous serez toujours déjà au moins une fois dans votre vie, confronté à l’un de ses récits.

Au-delà de sa sincérité et de la portée universelle de ses textes, Kemmler touche aussi au cœur par son côté juvénile assumé. Il a beau avoir trente ans, le rappeur a en effet su garder une éternelle âme d’adolescent, lui qui, quand il n’écrit pas ou n’est pas en studio, passe sa vie à jouer au foot, traîner sur les réseaux et se vanner avec ses potes. Un syndrome de Peter Pan qu’il illustre avec brio par son single « Je veux tout », dont le clip a d’ailleurs été réalisé en étroite collaboration avec son public.

Kemmler : son public dans le cœur

Qu’on se le dise, Kemmler est indissociable de ses supporters. Ce sont bel et bien ses fans qui lui font prendre confiance en lui et lui donnent de la force. « Tous les retours des gens et de mes potes m’aident à avancer. J’aime me lever le matin et lire les messages des gens. J’aime savoir que je les aide et ils m’aident autant. Je me rends compte que je suis peut-être pas si différent des autres.« 

Et quoi de mieux pour garder le contact étroit avec sa communauté que les réseaux sociaux ? A mesure que sa communauté de fan a grandie, Kemmler a assidument veillé à entretenir un lien fort avec ceux qui le suivent : « Les réseaux, c’est fascinant. Je me retrouve à parler avec des gens que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas, c’est hyper enrichissant. Je reçois des messages d’amour de personnes qui ne me connaissent pas. C’est là que je me rends compte de la puissance de la musique. C’est fou, et ça fait du bien car j’ai besoin qu’on m’aime. Je suis un mec normal et j’ai envie que mon public me voit comme un pote »

Son secret ? Une bonne humeur à toute épreuve, faire des vannes et avoir toujours le mot pour rire travers. Au fil des posts Instagram et des storys, il s’est forgé une véritable personnalité sur les réseaux. Les références à ces derniers sont d’ailleurs omniprésentes dans sa musique. Preuve ultime de la proximité de Kemmler avec son public, il n’hésite pas à solliciter ses abonnés dans son processus créatif. Non-content d’avoir pris quelques-uns de ses supporters comme figurants dans le clip de « Je Veux Tout », il en a également invité d’autre à poser sur la pochette de son album Coeur. Et ça c’est beau.

Classez-le dans la variet

« Pourquoi t’écris des poèmes et t’appelles ça rapper ? » se demande Kemmler dans son morceau « Pourquoi ». La réponse est toute trouvée. L’artiste marseillais est en effet bien plus qu’un rappeur. S’il a évidemment été élevé au kickage pur et dur, Kem assume totalement être un artiste aux multiples influences : « J’adore la Pop. Je viens du rap, j’aime rapper et je suis fan de rap, mais j’ai aussi grandement été influencé par l’electro et la variété française. J’ai grandi avec ça. Il y a des morceaux de Jennifer et Céline Dion que je connais par cœur ».

Il suffit d’écouter ses albums pour s’en rendre compte. Dans Cœur notamment, dès les premières notes, on s’aperçoit que les instrumentales concoctées par Duane Charly sont riches de sonorités électroniques. Les quelques passages acoustiques ainsi que les vibes ensoleillées et dansantes de certains sons n’ont rien à envier aux meilleurs hits pop. Pas d’inquiétude cependant, des titres comme « Différent » ou « Absolution » prouvent que s’il le veut, il peut kicker au micro. Avec une belle plume qui plus est.

Malgré tout, pour sûr que la musique de Kemmler ne plaira pas à tout le monde. Mais cela bien sûr il s’en fout et affirme même fièrement : « Comme Doc Gynéco, classez-moi dans la variet, ça me va bien !»

Nous en tout cas, on vous le dit : quelles que soient vos affinités musicales, soyez sûr qu’en attendant la troisième partie de son album évolutif qui contiendra au total 21 titres, écouter la musique de Kemmler vous mettra du baume au cœur. Un remède idéal et plus que bienvenu en cette période anxiogène.

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