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Les 50 meilleurs albums de 2021 selon Billboard

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Peu de personnes auraient pu prédire le bouleversement mondial de 2020. Pandémie, gestes barrières, restrictions, confinement, fermeture des lieux de plaisance et suspension des concerts et spectacles sont devenus le quotidien. Le monde artistique et musical n’a pas été épargné par cette sombre période.

Heureusement, les chanteurs essayaient de maintenir le moral de leur communauté en sortant régulièrement des singles et en animant leurs réseaux sociaux. L’année 2021 a été celle de la reprise, du retour à la vie active. Bien que le Coronavirus n’ait pas encore été éradiqué, les activités reprennent peu à peu, quelques une étant conditionnées à la présentation de la carte attestant le vaccin contre le mal. Cette année, de nombreux artistes ont sorti le fruit de leur labeur de ces derniers mois. Nous avons eu droit à des albums de tous les genres (y compris dans la danse).

Chaque semaine, Billboard nous gratifie de ses tops 100 et 200 des meilleures chansons. Cette fois-ci, voici le classement des 50 meilleurs albums de l’année 2021. Vous y retrouverez certainement vos coups de cœur.

50- Clairo: Sling

Avec le disque « Sling », Clairo s’éloigne de manière convaincante de la célébrité de la bedroom pop boostée par le réseau TikTok pour se rapprocher du rôle d’auteure-compositrice-interprète. Sa production, dirigée par le spécialiste de la pop alternative Jack Antonoff, évoque les tons chauds et nostalgiques de l’indie-folk.

D’un autre côté, l’artiste née Claire Cottrill, dévoile des couches intimes d’elle-même à travers une voix douce et des paroles déchirantes. Ceci est percevable dans « Why do I tell you how I feel? » et dans « When you’re too busy looking down my blouse ». Si l’écoute de l’album a pu donner une impression d’extériorisation des traumatismes vécus par l’artiste aux fans, il est clair que la réalisation de ce disque a été encore plus purificatrice pour Cottrill.

49- Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall : The Marfa Tapes

La réunion de trois des meilleurs auteurs-compositeurs du Texas dont l’un est une star de la musique country promet des étincelles. Donnez-leur le temps de se ressourcer dans un espace artistique isolé comme le haut désert de l’État et vous obtiendrez une tuerie intitulée « The Marfa Tapes ».

« The Marfa Tapes » est un ensemble de 15 chansons dépouillées, imprégnées d’harmonie et qui ne demandent qu’à rouler la bande. Les charmes de cet opus l’ont amené à débuter à la première place du classement des albums Americana/Folk. Le trio, qui avait déjà collaboré sur la chanson de Lambert « Tin Man », récipiendaire du prix ACM 2018, mélange des originaux enchanteurs avec de nouvelles versions intimes des favoris du catalogue.

48- Young Dolph & Key Glock: Dum and Dummer 2

L’écoute de « Dum and Dummer 2 » de Young Dolph et Key Glock  aujourd’hui, quelques semaines à peine après que le premier ait été assassiné dans sa ville natale de Memphis peut provoquer des frissons. Elle est semblable à la visualisation de l’arrêt sur image obsédant d’un survivant de la rue triomphant qui « est passé de la trappe à la scène dans des arènes ».

L’album capture la chaleur, l’humour et le respect entre les cousins qui malgré l’écart de plus d’une décennie entre eux échangent des rimes avec sang-froid. Ils partagent les projecteurs et prennent des risques à forte teneur en basse. Le dernier album complet de Dolph de son vivant le montre sous son meilleur jour. On le voit en tant que mentor et ami. Avec sa voix grave et sa tranquillité d’esprit, il élève une nouvelle génération de rappeurs.

47- SG Lewis: Times

D’autres artistes de danse ont embrassé le renouveau disco/house en cours de manière schlocky, dérivée ou les deux. Quant à lui, le producteur britannique SG Lewis a fait grimper la fréquence cardiaque avec son opus « Times », à la fois sophistiqué et amusant, frais et nostalgique.

L’album partage l’ADN de Settle de Disclosure sorti en 2013. Il comprend des collaborations avec des vétérans légendaires comme Nile Rodgers et Robyn et des étoiles montantes comme Channel Tres et Lucky Daye. Bien qu’il oscille dans le tempo tout en explorant les nombreuses humeurs du clubland, « Times » est le rare album de danse qui est satisfaisant du début à la fin.

46- Julien Baker : Little Oblivions

Sur le plan sonore, Little Oblivions est l’album studio le plus complet de Julien Baker à ce jour, porté par l’ajout de synthétiseurs modulaires et de boîtes à rythmes. Elle les utilise habilement pour ponctuer les moments qui suivent directement certaines de ses répliques les plus vulnérables et les plus désolées, comme « J’ai eu la pensée frissonnante que cela allait me mettre en retard au travail ».

Ces paroles sont suspendues dans la balance avant que les instruments de soutien n’arrivent en rugissant pour les balayer temporairement ; bien que ces examens du comportement autodestructeur reviennent souvent rapidement sur le rivage. Little Oblivions est sans nul doute l’une des meilleures réalisations de la carrière de l’artiste.

45- Myke Towers : Lyke Mike

Après avoir enregistré sa première entrée au Billboard en 2019 avec « Si Se Da », Myke Towers a obtenu d’innombrables succès dans les charts reggaetón. Cependant, sur son troisième album studio, il s’est éloigné des sons commerciaux et est revenu au rap underground qui l’a fait connaître.

L’opus Lyke Mike a débuté à la troisième place du Top Latin Albums et est avant tout une ode au basket-ball, à el barrio et à sa plus grande inspiration Michael Jordan. On y retrouve des collaborations de Mikey Woodz, Ñengo Flow, Jon Z et Sahir. Avec ses titres hip-hop, trap et drill, Lyke Mike permet à Towers de s’ouvrir sur ses combats et ses succès. De plus, la pochette de l’album montre Towers devant la maison de son enfance à Porto Rico, présentant à la fois le chemin parcouru et l’importance de ses racines.

44- Fred Again: Actual Life (April 14-December 17 2020)

Le premier album du producteur électronique Fred Again, « Actual Life (April 14-December 17 2020) », est un regard rare et plein d’espoir sur la vie quotidienne. Créé pendant l’une des années les plus difficiles de mémoire récente, l’album est une célébration des moments joyeux aléatoires contrairement à d’autres albums de quarantaine qui font une fixation sur la solitude et le désespoir.

Il offre un piédestal aux petites choses de la vie, dont beaucoup sont oubliées avec le temps. Chaque chanson porte le nom d’une personne différente, y compris celui de quelques amis célèbres comme Julia Michaels et Dermot Kennedy. En outre, ce disque associe des fragments de vieux mémos vocaux à des rythmes squelettiques, mais joyeux pour mettre en évidence la spécificité de l’expérience d’une personne à un moment donné.

Fred Again a écrit et produit aux côtés de certains des plus grands noms de la musique britannique tels qu’Ed Sheeran, FKA Twigs et The xx. Avec Actual Life, il prouve encore que savoir écrire du point de vue de l’autre est sa force, ce qui lui permet de réaliser un disque incroyablement empathique.

43- Don Toliver, « Life of a Don »

Le protégé de Travis Scott Don Toliver accède au statut de star sur son deuxième album, « Life of a Don ». En imprégnant l’opus de mélodies sirupeuses, Toliver se fraie un chemin à travers la séduction et la tentation sur le morceau « XSCAPE » avant de devenir intergalactique avec Baby Keem sur « OUTERSPACE ».

Bien qu’il s’épanouisse dans les accroches sucrées, Toliver se plait également dans les émotions. Il aborde les épisodes d’isolement à travers « Ain’t good enough to go and walk to you » sur le morceau phare de l’album « Company Pt 2 ».

42- Tems: If Orange Was a Place

Le parcours musical de la chanteuse Nigériane Tems en 2021 est exceptionnel et la jeune femme a réussi à se classer dans la liste serrée des talents prometteurs du Hip-hop cette année.

En effet, elle a trouvé sa place dans les cœurs et les playlists de nombreuses personnes grâce à la reprise au printemps de « Essence », le morceau de Wizkid sorti fin 2020. Dès lors, les fans, anciens et nouveaux, ont attendu avec impatience son prochain album et en septembre, elle a tenu parole.

L’EP de cinq titres « If Orange Was a Place » met en lumière la capacité inégalée de l’artiste à fusionner les genres, son timbre de voix rauque et chaleureux et son écriture introspective. Avec une seule participation de la star du R&B Brent Faiyaz sur « Found », le projet est simple, intentionnel et intemporel, ce qui place la barre très haut pour le possible premier album complet de Tems.

41- Willow : Lately I Feel Everything

Avec son quatrième album solo « Lately I Feel Everything », l’auteure-compositrice-interprète Willow a puisé dans ses racines punk et ses penchants alternatifs. Elle a ainsi produit son album le plus confiant à ce jour. Elle bénéficie également du soutien des vétérans du genre tels que Travis Barker sur le single principal « Transparentsoul » et Avril Lavigne sur « Grow ».

Toutefois, l’interprète se montre tout aussi puissante en solo avec des morceaux plus pensifs comme le brut « Naive » et le nostalgique « 4ever ». Dans l’ensemble, le projet a contribué à consolider la place légitime de Willow dans une nouvelle classe de jeunes de 20 ans qui font avancer le pop-punk.

40- The War on Drugs: I Don’t Live Here Anymore

Le cinquième album studio de l’auteur et leader Adam Granduciel a choqué tout le système ainsi que les fans de longue date. Les crochets de guitare irrésistibles, les références au rock classique habilement intégrées (Bruce Springsteen, Bob Seger, Peter Gabriel) et les thèmes de la perte, de la fuite et du contrôle sont toujours là.

La différence avec cet opus, c’est qu’au lieu d’être une collection de jams shoegazer comestibles, il est plutôt un album de chansons polies et soigneusement construites. Le summum de cette évolution sonore est la chanson-titre qui constitue un rush d’endorphine prêt à être diffusé à la radio.

Le disque est renforcé par les chœurs lumineux de Jess Wolf et Holly Laessig de Lucius et par un duo guitare-synthé qui aurait garanti une forte rotation sur MTV dans les années 80. « Je vais franchir toutes les portes, je ne peux pas m’arrêter », promet Granduciel sur ce morceau, avec l’air d’un homme qui a franchi un nouveau seuil.

39- Ye : Donda

Sur l’un des albums les plus attendus et les plus médiatisés de l’année, Ye revient avec un hommage hip-hop avant-gardiste et gospel à sa défunte mère Donda.

L’opus a été révélé (et révisé) lors d’une trilogie de sessions d’écoute dans des stades. « Donda » n’est pas qu’un hommage envers sa mère, car le rappeur affronte ses démons personnels et exprime son profond regret concernant sa séparation avec Kim Kardashian, son ex-femme et mère de ses quatre enfants.

Ce projet a réussi à se classer dans le Billboard 200. Sur cet opus particulier, Ye invite une abondance d’artistes hip-hop émergents et établis, de Fivio Foreign sur « Off the Grid » à Jay-Z sur « Jail ». Yeezy réaffirme sa capacité à organiser des moments monumentaux dans le genre qui sont plus grands que lui-même.

38- Joy Oladokun: In Defense of My Own Happiness

La chanteuse nigéro-américaine Joy Oladokun continue de renforcer sa position dans la liste des meilleures parolières modernes à travers sa dernière collection de chansons. Celles-ci sont apparemment inspirées du vécu de la chanteuse, ce qui leur confère un caractère strictement personnel.

A travers « In Defense of My Own Happiness », la chanteuse folk révèle ses défauts. On le remarque par exemple lorsqu’elle chante : « Je commence à préférer le vin/ je bois trop parfois ». Elle s’ouvre aux auditeurs, leur demandant de comprendre et de compatir avec une jeune femme qui accepte ses erreurs de jeunesse.

A l’écoute de chaque chanson de l’album, l’auditeur a l’impression de mettre un pied profondément dans un lac pour être baptisé par le gospel d’Oladokun. De même, sa voix apaisante, son piano et ses claps fréquents vous envahissent profondément.

Sa candeur crée un espace sincère pour que les fans puissent voir le monde de son point de vue. « In Defense of My Own Happiness » s’attaque également aux préjugés racistes sur « i see america » et aux doubles standards sur l’effort conjoint de Maren Morris dans « Bigger Man ».

37- Rauw Alejandro : Vice Versa

« Vice Versa » a commencé à naître seulement deux semaines après la finalisation du premier album (Afrodisiaco) de Rauw Alejandro. Ce nouvel opus riche de 14 morceaux n’en contient que trois du genre reggaetón. Le reste des titres mélange de nombreux autres genres (de l’électro-pop, du funk et même des rythmes brésiliens) parfois opposés.

Son tube viral « Todo de Ti », qui s’est classé dans le top 40 du classement Billboard Hot 100, est le meilleur des mondes pour Alejandro. C’est un un smash pop-funk latin inspiré par les sons de James Brown et Bruno Mars. Vice Versa contient des chansons sur l’amour, les chagrins d’amour et la guérison. Il comporte aussi des chansons d’été, qui ont non seulement montré une nouvelle facette de Rauw, mais lui ont également assuré son premier numéro 1 au Top Latin Albums. « C’est la musique que j’aime faire », a-t-il simplement expliqué à Billboard.

36- Justin Bieber : Justice

Entre le Justin Bieber qui a sorti le tube à succès mondial « Baby » onze ans auparavant et celui de ces dernières années, il est évident qu’il y a une grande différence. Le chanteur a mûri depuis ses débuts en tant que créateur de hits pop grand public de premier ordre.

Cependant, il demeure toujours aussi performant et cela se remarque à travers son flux constant d’excellents hits. « Justice » contient une collaboration poignante avec Benny Blanco intitulée « Lonely » et un morceau pop/soul intitulé « Peaches » avec Daniel Caesar et Giveon. Ces deux chansons ne sont que deux parmi les nombreux autres les plus marquants.

L’album a valu à Bieber huit nominations aux Grammy Awards, ce qui est deux fois plus que ce qu’il avait obtenu auparavant en une seule année. N’omettons surtout pas sa première nomination pour l’album de l’année depuis Purpose. J.B doit être plus que satisfait de sa toute première nomination dans une catégorie R&B pour « Peaches ».

35- Carly Pearce: 29: Written in Stone

Entre « 30 » d’Adele et « 29 » de Pearce, il semble que 2021 ait été l’année des albums aux titres numériques centrés sur le naufrage émotionnel à la suite d’un divorce. A travers son EP « 29 : Written in Stone », Pearce retrace une année de bouleversements et de douleur au cours de laquelle elle s’est mariée et a divorcé. Elle raconte également la perte de son collaborateur de longue date, Busbee emporté par un cancer.

Les chansons de cet album au titre numérique et auquel elle a ajouté huit titres supplémentaires traitent également de la négligence. On peut le ressentir dans « What He Didn’t Do, unfaithfulness » et « Show Me Around ». Finalement, Pearce aspire à des jours plus heureux en affirmant « I know somewhere somebody’s out there/ And when I meet him he’ll make sense of all this mess » sur le dernier morceau « Mean It This Time ».

34- Vince Staples : Vince Staples

Avec l’album éponyme de Vince Staples, le MC de Long Beach vise à conférer à son disque éponyme l’aura d’importance qu’il mérite. L’opus de 22 minutes, produit par Kenny Beats se penche sur la vie personnelle de l’artiste et dévoile d’importantes informations à son sujet.

Staples rumine sa proximité adolescente avec la violence des gangs, ses amis perdus à cause du style de vie dangereux et ses contemplations de sa propre mortalité sur des paysages sonores éthérés, mais percutants de Kenny Beats. Il aborde ces sujets à travers une lentille intime et dans une ambiance existentielle, notamment dans des morceaux introspectifs comme l’ouverture « ARE YOU WITH THAT ? ».

Ce qui est certain, c’est que les fans adorent les albums personnels qui leur permettent de découvrir qui est leur star en réalité. A travers l’opus qui porte son nom, Vince Staples reflète l’esprit d’un artiste sage au-delà de ses 28 ans.

33- Mon Laferte : Seis

Écouter l’album de l’auteure-compositrice-interprète chilienne Mon Laferte, est une véritable thérapie. L’ensemble de 14 titres comprend des chansons que Mon Laferte a écrites « comme si le monde touchait à sa fin ». Précédemment à Billboard, l’artiste s’est ouverte sur la période de préparation de l’opus et dévoile qu’elle se trouvait dans la solitude et l’isolement pendant la pandémie.

Ces moments démoralisateurs ont constitué une véritable inspiration pour l’artiste qui a décidé de s’ouvrir sur des sujets personnels (et universels) sur Seis récompensé par un Grammy latin (et désormais nommé aux Grammy).

Elle aborde des sujets comme les relations toxiques et la guérison qui en découle, et les leçons que lui donneront ses futurs amants par le biais de paroles vulnérables qui font réfléchir. Seis a également permis à Laferte de se frotter pour la première fois aux sons régionaux mexicains, en expérimentant le mariachi, le norteño et les corridos tumbados naissants. Conteuse dans l’âme, Laferte raconte un moment charnière dans la vie d’une femme, qui passe du cœur brisé à la confiance en soi, comme la femme qu’elle décrit dans « La Mujer ». Cet album doit être écouté du début jusqu’à la fin par toutes les femmes.

32- J. Cole: The Off-Season

Après avoir envisagé de prendre sa retraite, J. Cole s’est donné une mission pour son sixième album studio « The Off-Season ». Il a décidé d’effacer tous les doutes sur sa capacité à rester un MC sanguinaire. Le chanteur torpille ses adversaires avec un esprit incroyable, en lançant des punchlines comme « Could put an M right on your head, you’re Luigi brother now » dès l’ouverture avec « 95.South » et tout au long de la douzaine de titres de l’album.

 Lorsque Cole n’est pas en train de s’attaquer à ses détracteurs, il nous rappelle pourquoi il est aussi un narrateur sympathique. Sur « let.go.my.hand », il se souvient de l’époque où il idolâtrait son ancien ennemi Puff Daddy et plus tard comment il l’a invité sur la piste pour faire amende honorable. Avec The Off-Season, J. Cole prouve qu’il a encore de la puissance musicale en réserve.

31-Carin León : Inédito

Figure de proue de la récente renaissance régionale mexicaine, l’artiste Carin León, née à Sonora, est plus expérimentale que jamais sur « Inédito ». L’opus contient 17 sublimes méditations sur l’amour et les peines de cœur.

Tout en restant fidèle à sa sonorité de base : une combinaison de norteño, sierreño et banda, León fusionne également ses sons plus traditionnels avec des rythmes pop, country et jazz. Voilà une excellente combinaison qui est idéale pour toucher un public plus large.

L’artiste de 32 ans s’appuie également sur des instruments norteño non conventionnels tels que le ukulélé, le violon et le Wurlitzer (piano électrique) pour créer un effet de surprise. Les amoureux de variété en auront pour leur compte à travers cet album.

30- Porter Robinson : Nurture

Sept ans après la sortie de son premier album Worlds, en raison d’un blocage de l’écriture et d’un retard dû aux bouleversements du COVID, le deuxième album de Porter Robinson n’est sorti qu’en 2021. Paru en avril, Nurture est arrivé à un moment d’optimisme prudent.

Le monde en général (et la scène de la musique électronique en particulier) avait besoin d’une musique édifiante qui parle également de la vulnérabilité émotionnelle que la plupart d’entre nous ressentaient pendant cette phase de verrouillage. Embrassant plus que jamais les structures pop, Robinson a livré un disque cérébral délicat et toujours impeccable, sur le doute de soi, l’estime de soi et ces moments de clarté et de joie.

29- Elton John: The Lockdown Sessions

À 74 ans, Elton John a atteint la position de légende depuis plus longtemps que la plupart de ses invités sur cet album. « The Lockdown Sessions », enregistré pendant la pandémie après que John ait été contraint d’interrompre sa tournée Farewell Yellow Brick Road, rassemble des collaborations déjà publiées et d’autres créées spécialement pour cet album.

On y retrouve des collaborations avec quelques artistes qui sont plus ou moins ses contemporains (Stevie Wonder, Stevie Nicks et le regretté Glen Campbell). Cependant, la plupart des collaborations sont réalisées avec de jeunes artistes allant de Charlie Puth à Young Thug, tous rendant hommage à l’une des plus grandes stars de l’histoire de la pop et du rock. L’homme-fusée parvient à trouver des atomes crochus et un terrain d’entente avec chacun d’entre eux, malgré le grand écart générationnel.

Sa collaboration avec la talentueuse Dua Lipa pourrait bien être son plus grand succès depuis les années 90. Espérons que ces jeunes artistes parviendront à rester pertinents, actifs et engagés ne serait-ce que la moitié du temps qu’il a passé.

28- Lucky Daye: Table For Two

Lucky Daye continue de jouer un rôle essentiel dans l’entretien des flammes du R&B nouvelle génération. L’auteur-compositeur-interprète originaire de La Nouvelle-Orléans explore franchement les complexités des relations et de l’amour sur cet EP de sept chansons. Dans une tournure intelligente et engageante, il examine également les deux côtés du jeu des rencontres grâce à des duos perspicaces avec diverses artistes féminines.

Parmi les titres les plus marquants, citons celle issue de la collaboration avec Yebba, qui pose avec émotion la question « How Much Can a Heart Take ». Citons également Ari Lennox, qui s’affronte romantiquement avec le candidat aux Grammy Awards sur l’enivrant « Access Denied ». La chimie de haut niveau qui se dégage de toutes ces voix combinées à celle veloutée de Daye, ainsi que ses interludes de spoken word/rap et ses récits mélodiques en font un album à écouter absolument.

27- Turnstile : Glow On

L’album « Glow On » du groupe Punk Turnstile originaire de Baltimore était en préparation depuis des années et l’attente en a valu la peine, puisqu’il se place au-delà des espérances. L’agressivité du groupe hardcore de Baltimore, son espièglerie musicale et ses refrains à bras ouverts se fondent dans une écoute de 35 minutes qui ressemble à une injection de caféine.

La cloche à vache, le piano et les percussions influencées par la trappe se glissent dans les crochets et les riffs qui claquent en permettant aux auditeurs de découvrir de nouveaux détails lors d’écoutes répétées.

26- Girl in Red : If I Could Make It Go Quiet

L’auteure-compositrice-interprète hindi de Bedroom Girl in Red s’est révélée être l’une des grandes narratrices de l’anxiété de la musique contemporaine.

Le premier album complet « If I Could Make It Go Quiet » de la chanteuse norvégienne présente une dispute entre elle et son cerveau. Lorsqu’on l’entend lâcher « C’est un tel menteur » sur « ’Rue »’, on comprend que Marie Ulven fait réellement face à la pression d’une éventuelle célébrité.

Le résultat de son travail en studio est envoûtant, car Ulven synthétise sa claustrophobie interne et externe en un journal vivant et varié de 13 titres sur sa frénésie toujours palpable. Elle plonge à l’intérieur des textes tout en s’étendant vers l’extérieur musicalement. « If I Could Make It Go Quiet » est une chronique suffisamment riche pour impressionner les critiques, et suffisamment accessible pour qu’elle soit diffusée sur les radios aux côtés d’Imagine Dragons et des Foo Fighters.

25- Taylor Swift: Red (Taylor’s Version)

Taylor Swift est tellement appréciée que si elle avait réenregistré fidèlement tous les morceaux de l’un de ses albums les plus vendus, ses fans se le seraient arraché. La réédition de « Red (Taylor’s Version) en novembre n’a pas non plus laissé les auditeurs indifférents. Un ensemble de 30 titres offrant des chansons révélatrices et nouvelles aux côtés de pépites telles que Chris Stapleton (« I Bet You Think About Me ») et Phoebe Bridgers (Nothing New).

N’oublions surtout pas le joyau de la couronne, « All Too Well » , qui s’est hissé à la première place du Hot 100. Cette position a été atteinte en partie grâce à sa version de 10 minutes, dont on a longtemps parlé et qui s’est finalement matérialisée dans toute sa gloire brutale de TMI. Avec Red (TV), Swift a prouvé qu’elle allait au-delà d’une rétrospective de ses succès pour créer un tout nouveau cycle d’album. Elle a également prouvé qu’elle pouvait améliorer un classique dans le processus, ce qui n’est pas dans les compétences de tous les artistes.

24- Karol G : KG0516

Le troisième album de Karol G, KG0516, la consacre comme la meilleure créatrice de tubes de la musique latine actuelle. L’ensemble comprend des titres phares comme « El Makinón » et « Bichota », mais aussi des joyaux mélancoliques comme « El Barco » et « 200 Copas », qui mettent en lumière une Karol plus vulnérable (et polyvalente sur le plan vocal).

Et puis, il y a les collaborations, qui vont des plus classiques (Ozuna, Anuel, J Balvin) aux plus audacieuses (Juanka et Brray, Nathy Peluso, Camilo). Comme le prouve sa tournée des arènes à guichets fermés en fin d’année, la véritable force de Karol G réside dans sa capacité à mener la charge seule, ouvrant la voie à une nouvelle génération de stars latines.

23- Brandi Carlile : In These Silent Days

En 2018, Carlile a connu une percée dans sa carrière avec son album By the Way, I Forgive You, un projet qui a permis l’obtention de victoires notables aux Grammy. Ce projet a également conduit à la production pour Tanya Tucker, à la formation de The Highwomen et à un mémoire à succès.

Avec « In These Silent Days », Brandi élargit l’étendue de son écriture solide et perspicace ainsi que celle de sa voix fascinante aux teintes sombres avec des moments qui rappellent les constructions piano-pop d’Elton John et de Joni Mitchell.

Carlile a retrouvé ses collaborateurs de longue date à savoir Tim et Phil Hanseroth (et les coproducteurs Dave Cobb et Shooter Jennings) pour créer un album qui synthétise facilement musique et message. Parmi les morceaux les plus importants de l’opus, nous comptons la mélodie quasi berceuse de « Stay Gentle », la verve brute de « Broken Horses » et la puissance quasi opératique de « Right on Time ». D’ailleurs, le dernier titre a récemment été nommé pour trois prix aux Grammys 2022.

22- Giveon: When It’s All Said and Done… Take Time

“When It’s All Said and Done… Take Time » est né de la combinaison des deux EP de 2020 de Giveon auxquels il a ajouté un nouveau titre. Il n’est pas facile pour un artiste d’associer douceur et nervosité, mais Giveon, également connu pour ses collaborations avec Drake et Justin Bieber, y parvient sur son tube « Heartbreak Anniversary ».

Ce morceau exceptionnel figure au hit-parade Mainstream R&B/Hop-Hop Airplay, avec la voix brute glissante du chanteur sur un groove lent minimaliste.  C’est cette association de contraire semblable au Yin et au Yang qui rendent l’album si séduisant. De plus, le riche baryton du crooner de Los Angeles s’attaque aux affaires de cœur désenchantées avec une lenteur et un regret irrésistibles.

21- Isaiah Rashad :The House Is Burning.

Nommé d’après une métaphore libre pour recommencer à zéro, « The House is Burning » marque la renaissance d’Isaiah Rashad de TDE. Après une pause de cinq ans marquée par l’alcoolisme et la ruine financière, le rappeur de Chattanooga revient avec un album boom-bap de 16 titres qui le montre sous son jour le plus détendu.

En invitant des artistes comme Lil Uzi Vert, Smino et 6lack pour des morceaux pensifs et des bangers, The House is Burning montre que Rashad simplifie son approche de la musique. Il exprime cette simplicité en freestylant et en canalisant les sons de la musique sur laquelle il a grandi : le bounce et le néo-soul du Texas et de la Louisiane. Le chanteur est sorti de l’ombre pour cette résurgence très attendue, ce qui a porté ses fruits en positionnant son premier album dans le Top 10 du Billboard 200.

20- Snail Mail : Valentine

Si la majorité des albums sortis en 2021 se rejoignent sur un point, c’est bien sur les sujets dont ils traitent et qui s’accentuent généralement autour du confinement, de l’amour et des déceptions.

La voix douloureuse de la revitaliste alt-rock Lindsey Jordan sur son premier album, Lush de 2018, crépitait comme de l’amadou sec. En revanche, sur le deuxième LP de 2021, « Valentine », c’est un véritable brasier, aux couleurs multiples et dégageant une chaleur indéniable. Sur près de 32 minutes et 10 pistes, Jordan apporte des crochets pop et une production plus lisse tout en racontant des épisodes intenses de chagrin d’amour, d’adoration, de jalousie, de rechute et de récupération.

19- Little Simz : Sometimes I Might Be Introvert

Le quatrième album de la rappeuse britannique Little Simz n’est rien d’autre qu’un voyage émotionnel magistral, qui commence par la chanson phare « Introvert », rassembleuse et déclarative. La traversée musicale émotionnelle se poursuit avec « Protect My Energy », fluide et vibrant, et « Point and Kill », fluide et affirmé, avec l’artiste montant Obongjayar.

Pourtant, derrière chaque morceau manquant de conformité se cache un récit cohérent. Chacune de ces narrations prouve que Little Simz est, avant tout, une femme qui se connaît mieux que vous ne pourrez jamais la connaître, quel que soit le temps que vous passerez à écouter ses chansons en boucle.

18- Drake : Certified Lover Boy

Certified Lover Boy, le sixième album studio de Drake, est le dernier chapitre de la lutte permanente du rappeur de Toronto pour trouver un équilibre entre la célébrité, la vulnérabilité et, au centre de tout cela, l’amour. D’une durée d’une heure et 26 minutes, le projet de 21 titres rassemble une série de personnalités de premier plan, dont Jay-Z, Young Thug et Kid Cudi, montrant où en sont les relations professionnelles et personnelles du Champagne Papi.

CLB a été le dixième album de Drake à se classer numéro 1 au Billboard 200. Il a fait honneur à l’engouement considérable qu’il a suscité avant sa sortie en enregistrant les meilleurs résultats de l’année en première semaine. Cet opus a également battu le record du plus grand nombre de singles classés dans le Top 10 du Hot 100 pour un seul album, avec neuf singles, dont le singulier et attachant « Way 2 Sexy ».

Certified n’a pas seulement cimenté le pouvoir de star durable de Drake, il l’a aussi défini 15 ans après le début de sa carrière comme un vétéran.

17- Summer Walker : Still Over It

Le disque R&B « Still Over It » de Summer Walker constitue en quelque sorte une thérapie pour la chanteuse après les déboires de sa vie amoureuse avec son ex et producteur London on da Track. La chanteuse se plaint de l’absence de ce dernier pendant sa grossesse.

Ce disque de 20 chansons dont la moitié est produite par le mis en cause (étonnamment) est rempli de l’angoisse palpable de la chanteuse qui partage son chagrin avec sa communauté.

Malgré tout, Walker trouve toujours des moments de résilience et d’autonomisation. Suivant les instructions de la messagerie vocale de Cardi B sur le premier titre de l’album, « Bitter », elle a « mis son drame dans la musique », contrairement à certaines mères des autres enfants de London qui, selon elle, ont fait part de leurs problèmes à « The Shade Room » et « Insta ». Le résultat est un disque si captivant qu’il est devenu le premier album R&B d’une femme à figurer en tête du Billboard 200 depuis plus de cinq ans. Summer est devenue une référence pour les chanteuses qui ont vécu ce genre de détresse amoureuse en ce qu’elles devraient également mettre leur chagrin en musique.

16- Japanese Breakfast : Jubilee

« Qu’est-ce que ça fait de se tenir au sommet de ses pouvoirs… de projeter ses visions à des inconnus qui le ressentent, qui écoutent, qui s’attardent sur chaque mot ? ». C’est la question que se pose Michelle Zauner dans l’ouverture exaltante de son troisième album, avant de répondre : « Oh, c’est une ruée ».

Jubilee sonne comme elle le ressent. À la fin de la deuxième piste, « Be Sweet », aux paroles directes et disco-friendly, il est clair que Zauner est passée de ses débuts lo-fi à une nouvelle phase passionnante de maturité artistique. Même dans les moments mélancoliques de l’album, Jubilee est riche en cordes, en cornes et en irrésistibles sons de synthétiseurs des années 80 qui contrebalancent le désir et la nostalgie que l’on trouve dans ses paroles, plus franches que jamais sur la luxure, l’amour et l’engagement.

15- Arlo Parks : Collpased Into Sunbeams

« Ne serait-ce pas charmant de ressentir quelque chose pour une fois ? ». Si cette phrase du début de l’album « Hurt » était une sorte d’énoncé de mission pour l’excellent premier album d’Arlo Parks, « Collapsed in Sunbeams », alors mission accomplie.

Au cours des 12 chansons, l’auteur londonien de 21 ans crée une atmosphère de musique subtilement interprétée et écrite avec empathie qui, lors de sa sortie en janvier, a été ressentie comme une étreinte à la fin d’une année longue et difficile. Près d’un an plus tard, cet opus s’inscrit toujours dans la même veine.

14- PinkPantheress : To Hell With It

Aucune sortie pop de 2021 n’a été aussi immédiatement ou efficacement gratifiante que le premier album de PinkPantheress, une introduction de 10 chansons et 18 minutes à une artiste dont le génie est déjà pleinement réalisé. « To Hell With It » est un LP extrêmement rare qui se tourne vers le passé avec ses samples de classique house, garage et drum-n-bass du début des années 2000.

Il se tourne également vers l’avenir avec ses longueurs de chansons adaptées à TikTok et ses paroles prêtes à être légendées par IG, sans la nostalgie habituelle du premier ou la prétention auto-sérieuse du second. Au lieu de cela, To Hell With It adopte une attitude punk à l’égard de ses soupirs intimes de chagrin d’amour, d’obsession et de traque légère.

Le LP inclut autant de détails sonores et lyriques que nécessaire pour que chaque chanson fasse vibrer vos pieds et torde vos entrailles, puis il passe à autre chose avant que la roture ne devienne une considération. C’est une réussite étonnante, livrée comme un haussement d’épaules timide.

13- Kacey Musgraves : Star-Crossed

Au lieu d’apprécier le contenu de l’album et la pertinence des morceaux, la conversation sur Star-Crossed a tourné autour du débat sur le genre « country ou pas » et la Recording Academy a officiellement conclu « non ». Pourtant, bien au-delà du genre, le cinquième album de Musgraves est particulier en ce qu’il se classe dans les opus de rupture les plus nuancés.

Pour chaque sentiment généreux (« personne n’est à blâmer », déclare Kacey sur la chanson-titre jouée au doigt), il plane une nuance malicieuse (comme dans le texte de « Breadwinner »). A l’écoute, on perçoit également un regret nostalgique (admettant « J’aurais aimé savoir que ça n’allait pas si mal » dans la complainte country-folk « Hookup Scene »). En tout cas, qui a dit qu’un solo de flûte brûlant (« There Is a Light ») n’avait pas sa place à Nashville ?

12- Bo Burnham : Inside

Ecrire, réaliser, filmer, monter et interpréter un tube ne sont pas des compétences dont beaucoup peuvent se prévaloir et Bo Burnham le peut, puisqu’il a réuni toutes ces compétences pour son album « Inside ».

Inside (The Songs) regorge de tubes synth-pop autonomes, à la fois satiriques et dérangeants. Si vous vous intéressez à l’album pour l’une ou l’autre des chansons qui s’adressent directement à Jeff Bezos, restez pour l’excellente production inspirée des années 80. Ce morceau classique a permis à l’album de se classer cinq semaines dans le top 10 du Billboard 200.

La capacité du musicien-comédien à transformer un commentaire numériquement hyper focalisé en une œuvre digeste inspirée des couvertures et nommée aux Grammy Awards est l’un des efforts les plus impressionnants de l’année.

11- Baby Keem: The Melodic Blue

Pour beaucoup, il semble que Baby Keem soit arrivé de nulle part. Au cours des trois derniers mois, l’artiste et producteur originaire de Vegas s’est hissé au sommet de la scène rap grâce à ses paroles spirituelles, son rythme futuriste et son dynamisme.

Avec le soutien des fondateurs de pgLang, Dave Free et Kendrick Lamar, Keem a perfectionné le mariage théâtral et apparemment sans effort de la narration convaincante et de la production fraîche de The Melodic Blue. A travers ce premier disque de sa carrière, le rappeur affirme au monde ce qu’il est venu faire.

Sur les morceaux de rap les plus directs, il passe toujours d’une voix à l’autre et d’un personnage à l’autre, se réinitialisant souvent au sein d’un même morceau. Comme son cousin Lamar, le jeune homme de 21 ans n’a aucun intérêt à faire ce qui a déjà été fait, et son potentiel semble donc presque aussi élevé.

10- C. Tangana : El Madrileño

Le rappeur espagnol C. Tangana avait beaucoup d’ambitions pour El Madrileño : il voulait que l’album ait une sonorité espagnole, indépendante du genre, et contemporaine, bien qu’incorporant des sons et des styles traditionnels. Son désir était que l’opus soit acclamé par la critique bien qu’il s’agisse d’un album urbain.

Tangana souhaitait aussi que ses invités ne soient pas des superstars du streaming multimillionnaire dans le domaine latin, mais plutôt un mélange de jeunes talents et de vieux briscards. Le fait que tout cela se soit produit témoigne d’une vision artistique et d’une esthétique tout à fait uniques, d’une production superbe (grâce à Alizzz) et de collaborations éblouissantes.

El Madrileño puise profondément dans les racines de la musique essentielle de la ville natale de Tangana, Madrid, mais incorpore intelligemment des genres internationaux, du son cubain. Une incorporation réussie avec l’aide du guitariste vétéran Eliades Ochoa au norteño mexicain (avec les artistes mexicains émergents Carin León et Adriel Favela), le tout avec un flair moderne qui incorpore des éléments rap et électroniques. Tangana a remporté quatre Latin Grammys et est actuellement en lice pour le Grammy Award du meilleur album de rock latin ou alternatif. Il ne devrait surprendre personne s’il l’obtient.

9- Jazmine Sullivan : Heaux Tales

L’auteure-compositrice-interprète de R&B se réapproprie son temps et le titre « Heaux » (lire « ho »), afin d’élever les femmes au sein d’une société patriarcale qui tente en vain de diminuer leur pouvoir et leurs prouesses sexuelles. Entrelacés avec des interludes parlés de femmes qui confessent leurs difficultés romantiques et personnelles, les morceaux de l’EP « Heaux Tales » de Jazmine Sullivan, nominé aux Grammy Awards, permettent à Sullivan & Co. de s’exhiber au monde comme ils l’entendent.

Heaux Tales réunit les pairs féminins de Sullivan dans le domaine du R&B, comme Ari Lennox et H.E.R., pour une histoire triomphante de sororité, avec un poids impressionnant pour un projet d’une durée d’une demi-heure. Cet opus touchera bientôt encore plus de personnes à travers la tournée Heaux Tales prévue pour débuter le 14 février.

8- Billie Eilish: Happier Than Ever

Billie Eilish essaie de tout comprendre, comme tout jeune de 19 ans, sur son deuxième album « Happier Than Ever ». Dans cet ensemble de 16 chansons, musicalement spacieux, on retrouve toujours la lauréate des Grammy Awards en train de naviguer entre les chagrins d’amour et d’essayer de prendre la bonne voie au lieu de dire « des conneries sur [ses] ex sur Internet ».

Billie essaie également d’assumer la lourdeur de l’âge adulte et de se lasser du regard toxique des hommes. Grâce à son lyrisme réfléchi et à sa voix riche en émotions, Eilish commence à comprendre, comme nous tous, qu’être « plus heureux que jamais » n’est pas un processus simple. C’est un processus de croissance qui peut être inconfortable, mais la découverte de soi au cours du voyage en vaut la peine.

7- Silk Sonic: An Evening With Silk Sonic

Dès leur tout premier single « Leave the Door Open » en mars, Silk Sonic a donné l’impression d’être une force inarrêtable. L’association surprenante de la voix sulfureuse de Bruno Mars et de la capacité d’Anderson .Paak à créer des instruments novateurs a propulsé le premier single du super duo au sommet du Billboard Hot 100.

Cependant, le duo a honoré ses promesses avec le titre « Skate », aux accents disco, et le délice comique de « Smokin Out the Window », jusqu’à la sortie de leur album « An Evening » en novembre. Les neuf titres courts et doux de ce set de 31 minutes passent comme un badinage animé entre de bons amis qui plaisantent sur le fait qu’ils « méritent d’être avec quelqu’un d’aussi fly que moi ».

« An Evening With Silk Sonic » présente essentiellement le camp tel qu’il est imaginé par les hétéros. Les jumeaux rétro fétichistes apportent des sketches charmants, des lunettes en forme de cœur, des chemises ouvertes du cou au nombril et certainement les grooves les plus soyeux qui aient atteint le top 40 radio depuis des années.

6- Halsey : If I Can’t Have Love I Want Power

« If I Can’t Have Love, I Want Power, le pivot magistral d’Halsey vers une orientation alt-rock plus sombre peut être partiellement attribué à Trent Reznor et Atticus Ross. Pourtant, peu d’artistes pop de mémoire récente ont été capables de se métamorphoser avec la dextérité de Halsey.

La chanteuse passe l’album à sautiller à travers une electronica nerveuse (“Girl is a Gun”), un pop-punk effronté (“Honey”), un R&B groovy (“Lilith”) et une ballade berceuse (“Darling”). Halsey chante tout en réfléchissant aux défis et aux révélations de sa récente aventure en tant que nouvelle mère. Si elle a trouvé le système de soutien idéal pour donner vie à “If I Can’t Have Love, I Want Power”, les chansons brillent grâce à l’artiste complexe, audacieuse et puissante qui se trouve en leur centre.

5- Doja Cat : Planet Her

Doja Cat efface tous les doutes sur sa polyvalence en tant que chanteuse, rappeuse, auteure-compositrice, productrice et visionnaire dans son troisième album studio. A ses habituels domaines de la pop, du rap et du R&B, elle ajoute des touches de reggaetón, d’afrobeat, de dancehall et d’autres genres internationaux.

Doja Cat apporte la touche finale à ce ragoût sonore grâce à sa voix et ses humeurs changeantes et à son sens de l’humour enjoué. Doja a aussi employé son sixième sens pour choisir ses invités, comme SZA pour le sexy “Kiss Me More” et Young Thug pour le falsetto “Payday”. Elle est cependant tout à fait capable d’assumer seule les autres succès de l’album, ce qu’elle fait sur la sulfureuse chanson “Need to Know” et la puissante “Woman”.

Le morceau “Get Into It (Yuh)” est un hommage à son idole pop-rap Nicki Minaj. Nominé aux Grammy Awards pour l’album de l’année et le meilleur album pop vocal, “Planet Her” confirme la mission de Doja Cat de devenir une star incontournable de la galaxie pop.

4- Adele : 30

Dès la première ligne de l’album, “I’ll be taking flowers to the cemetery of my heart”, il est clair qu’Adele s’ouvre une fois de plus sur ses sentiments. En dévoilant ses émotions à ses auditeurs, la célébrité ose ce que peu de personnalités publiques oseraient faire. L’album 30 est un voyage d’exploration à travers les profondeurs du désespoir de son récent divorce et de son ultime guérison.

Adele est à l’aise en chanteuse de jazz des années 40 chantant doucement sur un délicat interlude au piano d’Erroll Garner sur “All Night Parking”. Elle l’est aussi sur les rythmes claquants de “On My God” ou sur les rythmes syncopés de Max Martin et Shellback sur l’entraînante “Can I Get It”. C’est tout à son honneur qu’après une douzaine d’années de superstar mondiale, Adele donne toujours l’impression d’être la meilleure amie qui confie ses pensées les plus intimes et les plus vulnérables autour d’un verre.

3- Lil Nas X : Montero

Dévoilé au monde musical avec “Old Town Road” en 2019, Lil Nas X ne cesse de s’imposer en un artiste talentueux, audacieux et très confiant sur divers plans. Sa musique libre et provocatrice a été son arme redoutable pour se faire un nom dans cet univers hautement concurrentiel.

Lorsque Lil Nas a sorti son premier album “Montero” deux ans plus tard, les fans et les critiques ont été stupéfaits de découvrir un album dont la qualité la plus choquante était sa profondeur émotionnelle. Riche en thèmes tels que l’isolement, la découverte de soi et l’acceptation de son identité, “Montero” fait tomber le voile de Lil Nas X et nous présente Montero Lamar Hill.

Lamar Hill est un jeune homme de 22 ans qui s’est soudainement retrouvé sous les feux de la rampe et a reçu les attentes de communautés entières. Qu’il s’agisse de faire valoir son statut ou de se remémorer avec nostalgie des souvenirs douloureux, Lil Nas X a passé tout son début à montrer au monde qu’il est bien plus qu’un jeune qui se bat encore contre ses boutons. C’est un artiste exceptionnel à part entière, et quelqu’un qui “ne fuit devant rien, mec”.

2- Tyler, the Creator : Call Me If You Get Lost’

« Call Me If You Get Lost »” s’inscrit dans une logique complètement différente de celle du LP IGOR 2019 de Tyler, the Creator. Ce dernier album a remporté le Grammy du meilleur album de rap, bien qu’il ait estimé, à juste titre, que cette récompense était trop restrictive par rapport à l’intérêt qu’il suscite.

Call Me est plutôt un album fluide, une affaire de jet-setting de la part d’un artiste qui peut toujours faire de la magie sans effort au micro. Avec une expérience singulière de près d’une vie à sa disposition, Tyler a l’air fermement dans sa poche tout au long de ce set riche en featuring. Il lève même le pied aux côtés de héros comme Lil Wayne et Pharrell Williams.

Sa confiance en lui (soutenue tout au long de l’album par le hypeman Dráma) est si enivrante que la seule fois où il se laisse vraiment aller, c’est vers la fin de l’album. L’odyssée de neuf minutes du triangle amoureux “Wilshire” se classe parmi les moments musicaux les plus touchants de l’année.

“Call Me If You Get Lost” est un rappel que Tyler, the Creator n’a plus besoin de suivre une quelconque voie traditionnelle en tant que rappeur, lorsqu’il se met à rimer sur disque. C’est une voie qu’il a toujours entièrement à lui, et il n’a pas eu besoin de s’appuyer sur Waze ou Google Maps pour s’orienter depuis plus d’une décennie maintenant.

1- Olivia Rodrigo : Sour

En tête de ce classement des cinquante meilleures chansons de l’année 2021, nous retrouvons la jeune pépite Olivia Rodrigo. Il existe suffisamment de références évidentes au jeune âge de la chanteuse/compositrice sur son premier album à succès “Sour”.

Cependant, le projet est en même temps si sage pour son âge qu’il est loin d’être une expérience exclusivement adolescente et est loin d’être exclusivement apprécié par les adolescents. La façon dont Olivia capture le désespoir d’un chagrin d’amour tout au long de l’album fait qu’il est difficile de croire qu’elle ne chante qu’un amour de jeunesse et non une vie entière de déceptions romantiques.

D’une certaine façon, ses références très spécifiques (“J’ai lu tous tes livres de développement personnel pour que tu penses que j’étais intelligente” par exemple dans “Enough For You”) conduisent juste à une compréhension plus universelle de sa douleur.

Au-delà des émotions mises à nu dans ses paroles, chaque chanson de l’actrice, autrice-compositrice et interprète de 18 ans est également accompagnée d’un emballage musical impeccable. L’album est authentique et n’enjolive rien comme l’indique son titre.

D’ailleurs, Olivia Rodrigo a déclaré à Billboard pour sa couverture de mai : “Je suis une autrice-compositrice qui écrit à partir d’un lieu d’authenticité et de vérité et honnêtement, l’amour, le bonheur et tout le reste n’étaient pas des sentiments que je ressentais à l’époque”.

Au lieu de dissimuler ces émotions pas si douces derrière les pages d’un journal intime (comme le font la majorité des jeunes de son âge), la chanteuse a préféré les exprimer. “Soul” est donc le condensé des émotions d’Olivia sous forme de 11 chansons qui ont connu un succès phénoménal.

Connaissez-vous un ou des albums qui devraient figurer dans ce Top 50 des meilleurs de 2021 ? Dites-le-nous en commentaires.

Ambro Ola
Ambro Ola
Titulaire d’une licence en linguistique anglaise, je suis web rédacteur, content-manager. Je nourris une passion toute particulière pour l’art_ la poésie et la musique en l’occurrence. Bercé dès le jeune âge par les vers renversants des légendes du hip-hop tels que Eminem et Youssoupha, j’ai nourri très vite et mûri en grandissant, une forte affection pour le rap, la parole vivante, qui sait se faire tendre, instructive ou agressive. Retrouvez moi sur Twitter ou Linkedin !
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